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Voyage

Ils ont vendu une appli 46 millions d’euros et fait le tour du monde en famille pendant 11 ans et 100 pays

Ils ont vendu une appli 46 millions d'euros et fait le tour du monde en famille pendant 11 ans et 100 pays

Un tour du monde sans date de retour, voilà le choix qu’une famille américaine a transformé en véritable mode de vie. Ce pari, lancé en 2015 avec deux jeunes enfants et une valise vendue sur le trottoir, dure encore aujourd’hui, onze ans après le départ.

Tout vendre pour partir, un acte radical ancré dans le concret

Garrett Gee n’a pas simplement démissionné. Il a liquidé l’ensemble de ses biens matériels avec sa femme Jessica, surnommée Settie, pour financer les premiers mois de route.

Cette vente d’objets du quotidien leur a rapporté 45 000 dollars, soit environ 38 500 euros. C’est sur cette somme modeste, pas sur leur fortune, que reposaient les débuts de l’aventure.

Car Garrett Gee avait bien un matelas financier. En 2014, alors encore étudiant à l’université Brigham Young dans l’Utah, il avait cédé à Snapchat l’application de lecture de codes QR qu’il avait cofondée.

La transaction atteignait 54 millions de dollars, soit environ 46 millions d’euros. Pourtant, le couple a délibérément choisi de ne pas toucher à cet argent pendant les deux premières années de voyage.

Ce choix mérite qu’on s’y arrête. Il ne s’agissait pas d’une escapade de millionnaires, mais d’un test grandeur nature, financé par la débrouille et la vente de leurs affaires.

Le tour du monde comme métier, étape après étape

Les Gee filmaient et photographiaient chaque destination pour YouTube et Instagram. Ces publications ont progressivement généré des revenus directs, transformant un projet de quelques mois en activité professionnelle à part entière.

En 2017, une vidéo YouTube sponsorisée rapportait entre 10 000 et 20 000 dollars. Par ailleurs, une publication Instagram sur leur compte générait entre 5 000 et 8 000 dollars par contenu.

Des marques ont alors rejoint l’aventure. Disney, GoPro, Airbnb, des chaînes hôtelières et des marques de vêtements ont noué des partenariats avec la famille.

Pour Disney notamment, la famille a dormi chaque jour dans un établissement différent du groupe pendant un mois entier. Ce type de collaboration illustre concrètement la portée commerciale de leur audience.

Dès septembre 2017, soit deux ans seulement après le départ, la famille comptait déjà 45 pays et 150 vols à son actif, selon CNBC.

Une organisation quotidienne sans improvisation

Garrett Gee insiste sur ce point avec régularité. Ce mode de vie n’est pas une longue série de vacances, mais un travail structuré que le couple partage clairement.

Jessica gère la planification et les itinéraires. Garrett, en revanche, prend en charge les vidéos, le montage et la photographie.

Les journées suivent un rythme fixe, quel que soit le fuseau horaire. Le réveil sonne à 7 heures, l’école à domicile occupe la fin de matinée, l’après-midi est dédié à l’exploration, et le soir est réservé au travail de production.

Le principal obstacle opérationnel reste une connexion Internet instable. Or, leur bureau change à chaque pays, passant d’un bateau à une plage ou à un café en ville.

Interrogé par CNBC en 2017, Garrett résumait cette réalité avec une franchise désarmante. Il confiait avoir presque l’impression d’avoir triché avec la vie, tant le plaisir et le travail s’y confondent.

100 pays et un empire familial depuis Hawaï

Depuis 2018, la famille a installé sa base à Hawaï. Garrett et Jessica élèvent désormais trois enfants, Dorothy, 13 ans, Manilla, 11 ans, et Calihan, 8 ans, selon HONOLULU Magazine.

Leur centième pays, les Philippines, atteint récemment, revêtait une dimension personnelle forte. Garrett est à moitié philippin, et le prénom de leur fille Manilla s’inspire directement de la capitale de l’archipel.

Au fil des escales, la famille a nagé avec des orques au Mexique, plongé dans les eaux glacées de l’Antarctique et croisé un grand requin blanc dans une vidéo qui a dépassé les 26 millions de vues.

Leur audience a grandi en parallèle. En 2026, la famille compte 1,5 million d’abonnés sur YouTube, 3,1 millions sur Instagram et un demi-million sur TikTok.

Un tour du monde qui s’est mué en véritable groupe créatif

Les Gee ont construit autour de leur voyage un ensemble de projets éditoriaux et commerciaux, tous ancrés dans leur expérience réelle. En voici les principaux, tels que HONOLULU Magazine les décrit.

  • Un guide de voyage pour les familles, publié par National Geographic
  • Un livre pour enfants paru chez Disney Hyperion en octobre 2025, centré sur la décision de partir
  • Une boutique en ligne de vêtements et d’équipement de plein air
  • Deux îles privées achetées en Colombie-Britannique et à Tonga, ouvertes à des familles pour des séjours autour de la faune
  • Une série animée en préparation avec Big Shot Pictures, pour inciter d’autres familles à vivre leurs propres aventures

Par ailleurs, les Gee ont levé plus de 50 000 dollars pour financer la construction d’une école au Népal, engagée dans la lutte contre la traite de jeunes filles.

Jessica, elle, résume avec humour les petits revers de ce mode de vie hors normes. Les enfants ont perdu huit dents en avion, et la famille a recours aux points de suture dans trois pays différents. Ce tour du monde, aussi élaboré soit-il devenu, garde cette part d’inattendu que aucun itinéraire ne peut effacer.