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Voyage

À 30 minutes de Malte, cette île méditerranéenne préservée séduit les initiés

À 30 minutes de Malte, cette île méditerranéenne préservée séduit les initiés

Imaginez poser vos valises sur une île méditerranéenne où les habitants laissent encore leur maison ouverte en allant faire une course. À seulement trente minutes de ferry depuis Malte, Gozo cultive une douceur de vivre que peu de destinations européennes peuvent encore revendiquer. Cette île de 67 km² attire désormais des visiteurs qui choisissent délibérément de snober sa grande sœur maltaise.

Gozo, une île méditerranéenne qui joue la carte de l’authenticité

Avec 30 000 habitants à l’année, contre 750 000 pour Malte, Gozo a préservé un équilibre que beaucoup de destinations ont perdu. Claude Zammit Trevisan, directeur de l’Office de Tourisme de Malte à Paris, le formule clairement : Gozo n’est pas tendance, elle est contre-tendance. Cette résistance au tourisme de masse constitue précisément son principal atout.

Les chiffres illustrent bien ce contraste. En 2024, l’île accueillait près de 89 000 touristes, quand Malte en recevait plus de 3,5 millions. En 2025, Gozo atteignait un peu moins de 95 000 visiteurs, tandis que Malte dépassait les 4 millions. L’écart reste donc considérable, et c’est justement ce qui fait la valeur de cette île méditerranéenne pour ceux qui la choisissent.

L’architecte maltais Chris Briffa, qui a conçu l’appartement « Tanizaki’s Shadows » à Għajnsielem, pointe un détail révélateur : à Gozo, chaque village reste séparé par la nature, ce qui n’est plus le cas à Malte où la construction a effacé ces respirations. Ce rapport à l’espace se ressent dès l’arrivée au port de Mgarr, où le rythme ralentit naturellement.

Ce que l’on vient vraiment chercher sur cette île

La tranquillité et le temps libre restent les deux raisons principales qui poussent les voyageurs vers cette île méditerranéenne. Ana Kisling, Ukrainienne d’origine et ancienne hôtesse de l’air pour jets privés, s’y est installée il y a 18 ans. Elle organise aujourd’hui des pique-niques exclusifs dans des lieux d’exception, sur des rochers face à la mer au coucher de soleil, pour des hôtes en quête d’expériences singulières.

Car la tradition du pique-nique est profondément ancrée dans la culture locale. Les familles gozitaines se retrouvent autour d’un barbecue au bord des routes ou dans la nature, dans une ambiance intergénérationnelle que l’on observe rarement ailleurs. Ce goût du rassemblement simple et convivial imprègne toute l’île.

Au-delà de cette atmosphère, Gozo propose aussi un programme d’activités étonnamment varié pour une île de cette taille.

  • Randonnées côtières le long du littoral
  • Plongée dans des eaux particulièrement claires
  • Kayak sur des flots calmes
  • Visites des temples de Ġgantija, classés à l’Unesco
  • Spectacles d’opéra et de ballet à Victoria, dans deux salles distantes de seulement 20 mètres

Ces deux salles, l’Aurora Opera House et l’Astra Theatre, proposent une programmation de haut niveau, inattendue pour une île de cette dimension en Méditerranée.

Victoria et la citadelle, cœur de cette île méditerranéenne

La capitale de l’île, Victoria, anciennement appelée Rabat, mérite une halte prolongée. Sa citadelle, perchée sur un rocher de 140 mètres, offre un panorama saisissant sur l’ensemble de l’île et au-delà. Depuis ce tour de ronde, Gozo apparaît comme un point minuscule dans la Méditerranée, ce qui explique pourquoi les visiteurs se contentaient longtemps d’une journée avant de repartir vers Malte.

Cette perception est en train de changer. De plus en plus de voyageurs font le choix inverse : ils s’installent à Gozo et ignorent Malte. La capitale concentre aussi une vie culturelle insoupçonnée, avec ses deux salles de spectacles et ses villages aux noms difficiles à prononcer qui distillent une atmosphère d’un autre temps.

Où dormir et où manger à Gozo

L’offre d’hébergement reflète l’identité de l’île. Gozo ne mise pas sur les hôtels ultra-tendance, mais sur l’agrotourisme rustique et quelques adresses de charme rares. À Munxar, le Thirty Seven Gozo occupe une ferme du XVIIe siècle transformée en oasis créative par Patti et Giuseppe Piazzi. Ses dix chambres mêlent touches de couleur pop et pierre locale, à partir de 220 € la nuit. Des retraites y sont régulièrement organisées.

À Għajnsielem, l’appartement « Tanizaki’s Shadows » signé Chris Briffa représente une tout autre expérience. Long de 40 mètres, entièrement conçu sur mesure, il joue avec la lumière et les ombres pour contourner les contraintes du terrain. Il accueille jusqu’à six personnes, à partir de 828 € pour deux nuits minimum, avec vue directe sur le port et les ferries.

Pour la table, Peppina à Ix-Xewkija travaille des assiettes généreuses autour de produits locaux, avec des plats sans gluten disponibles, à partir de 18 €. Pour une occasion particulière, Ana Kisling propose ses pique-niques Gozo Picnic dans des lieux soigneusement choisis, à partir de 200 € pour deux personnes.

Une île méditerranéenne à découvrir avant qu’il soit trop tard

L’absence d’aéroport a longtemps protégé Gozo d’un afflux touristique incontrôlé. Pourtant, des investisseurs hôteliers s’y intéressent désormais, et plusieurs projets émergent discrètement. La cadence des constructions risque de s’accélérer dans les prochaines années. De plus, Victoria a déposé sa candidature pour devenir Capitale Européenne de la Culture pour 2031, ce qui pourrait transformer durablement la visibilité de cette île méditerranéenne.

Pour rejoindre Gozo, le trajet est simple et peu coûteux. Un vol Paris-Malte aller-retour est accessible à partir de 305 € avec KM Malta Airlines. Le ferry Malte-Gozo coûte à partir de 4,65 € par passager en aller simple. Septembre reste une période particulièrement adaptée pour profiter du soleil et du calme de cette île méditerranéenne encore préservée.