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À l’Hôtel de Crillon, ce potager secret cache une table à 250€ pour six convives

À l'Hôtel de Crillon, ce potager secret cache une table à 250€ pour six convives

Imaginez dîner seul avec cinq autres convives, entouré d’herbes aromatiques, à l’abri des regards, avec Paris à vos pieds. C’est précisément ce que propose désormais l’Hôtel de Crillon, palace historique de la place de la Concorde, avec son expérience baptisée « Herbier Secret ». Un format gastronomique aussi rare qu’ambitieux, signé par un chef qui vient de prendre les rênes de l’une des cuisines les plus prestigieuses de la capitale.

250 euros pour une table unique au Crillon : ce que l’expérience comprend vraiment

Le principe est volontairement radical. Sur la terrasse discrète du deuxième étage, une seule table accueille quatre à six personnes, pas davantage. Pas de grande salle, pas de brigade visible, pas même de nappe. Le cadre est épuré, presque bucolique, avec un potager d’aromatiques qui entoure les convives et alimente directement la cuisine.

Le menu se déroule en cinq temps, à 250 euros par personne. Pour ceux qui souhaitent accompagner chaque plat d’un vin choisi, un accord mets et vins est disponible pour 140 euros supplémentaires. Ces tarifs peuvent sembler élevés, mais ils restent inférieurs au prix moyen d’un dîner dans un palace parisien, généralement estimé à environ 350 euros par personne hors boissons. Rapporté au niveau d’exclusivité et à la singularité du cadre, le positionnement tarifaire se révèle donc mesuré.

La cuisine proposée par le chef Alan Taudon s’articule autour du végétal, des saisons et des notes iodées. Le produit occupe le centre de chaque assiette, et les herbes cultivées sur place servent à mettre en valeur la fraîcheur et l’équilibre des saveurs. Ce potager n’est donc pas un simple décor : il est au coeur de la démarche culinaire.

Alan Taudon, un chef venu du George V pour écrire un nouveau chapitre

Depuis le 1er juin 2026, Alan Taudon occupe le poste de chef exécutif de l’Hôtel de Crillon. Il succède à Boris Campanella et arrive avec un parcours solide : il dirigeait auparavant les cuisines de L’Orangerie, le restaurant doublement étoilé du Four Seasons Hotel George V. Depuis son départ, le chef Bertrand Noeureuil a pris sa suite à ce poste.

Son arrivée au Crillon s’inscrit dans un contexte de renouveau plus large. En décembre dernier, Xavier Thuizat, meilleur sommelier de France, avait lui aussi quitté l’établissement. Ces changements successifs signalent une volonté claire de recomposer l’équipe autour d’une nouvelle vision gastronomique. La mission confiée à Alan Taudon dépasse d’ailleurs le seul « Herbier Secret » : il est chargé de repenser l’ensemble de l’offre culinaire du palace et de dévoiler un restaurant entièrement repensé.

Un succès immédiat qui a prolongé l’aventure jusqu’en septembre

Initialement prévue du 12 juin au 25 juillet, l’expérience a rapidement affiché complet. Face à cet engouement, le palace a décidé d’ouvrir de nouvelles dates, du 27 août au 25 septembre. Cette prolongation témoigne d’un appétit réel du public pour des formats gastronomiques plus intimes, loin des grandes salles et des codes traditionnels du restaurant de palace.

  • Une terrasse confidentielle au deuxième étage, inaccessible au public jusqu’ici
  • Une table unique pour quatre à six convives seulement
  • Un menu en cinq temps à 250 euros par personne
  • Un accord mets et vins disponible à 140 euros supplémentaires
  • Des dates prolongées du 27 août au 25 septembre après le succès initial

Ce format expérientiel répond à une tendance de fond dans la gastronomie haut de gamme : proposer non plus seulement un repas, mais une situation unique, presque intime, que le convive ne pourra pas vivre ailleurs. L’Hôtel de Crillon, en rendant accessible une terrasse jusqu’ici fermée au public, transforme un espace méconnu en atout différenciant.

Un palace qui réinvente son patrimoine depuis des siècles

Cette initiative s’inscrit dans une longue tradition de renouveau. Construit au XVIIIe siècle, le bâtiment de la place de la Concorde est devenu un hôtel en 1909. Il a traversé les heures fastes de l’entre-deux-guerres, puis la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il fut réquisitionné par les forces allemandes en raison de sa position stratégique, à proximité des ministères et de l’ambassade des États-Unis.

Après la libération de Paris en août 1944, le Crillon a progressivement retrouvé sa vocation hôtelière. Mais c’est sa vaste rénovation menée entre 2013 et 2017 qui illustre le mieux sa capacité à se réinventer sans renier son histoire. Durant ce chantier, le couturier Karl Lagerfeld fut chargé, en 2014, d’aménager de vastes suites regroupées sous le nom de « Grands Appartements ». Il y intégra mobilier ancien, photographies et technologies, allant jusqu’à baptiser l’une des chambres « Choupette », en hommage à sa chatte. Parmi les pièces les plus remarquables figure une baignoire sculptée dans un bloc unique de marbre, conçue comme une oeuvre d’art à part entière.

De Karl Lagerfeld à Alan Taudon, la philosophie du palace reste la même : confier son patrimoine aux grands acteurs de chaque époque pour le faire vivre, plutôt que de le figer. En 2026, c’est donc autour d’un potager secret et d’une table pour six que l’Hôtel de Crillon poursuit cette tradition d’excellence renouvelée.