GÉORGIE : CINQ EXPÉRIENCES POUR VIVRE L’AUTOMNE AUTREMENT
Quand les vignes de Kakhétie se teintent de rouge et d’or, que les ruelles de Tbilissi se parent d’une lumière plus douce et que les forêts du Caucase changent de couleur, la Géorgie révèle un autre visage.
Après l’effervescence des mois d’été, l’automne invite à ralentir. À prendre le temps de s’attarder autour d’une table, de marcher dans une forêt, de découvrir un savoir-faire ancestral ou simplement de regarder les paysages changer.
De Tbilissi aux montagnes du Petit Caucase, cette saison offre une autre manière d’aborder le pays : plus intime, plus sensorielle, profondément liée à ses traditions.
1. Kakhétie : entrer dans le temps des vendanges
En Géorgie, les vendanges ont un nom : Rtveli. Et surtout, elles ont une âme.
À partir de septembre, les vignobles de Kakhétie s’animent au rythme de la récolte. Dans cette région considérée comme le cœur viticole du pays, les vendanges dépassent largement le cadre agricole. Elles sont un moment de rassemblement, où familles, voisins et visiteurs se retrouvent autour des grappes fraîchement cueillies et de grandes tables dressées pour l’occasion.
C’est aussi l’occasion de découvrir le qvevri, cette imposante jarre en terre cuite traditionnellement enterrée dans le sol, utilisée depuis des siècles pour élaborer et conserver le vin.
Selon les régions et les cépages, le Rtveli peut se poursuivre jusqu’en décembre. Une longue saison durant laquelle la vigne devient le point de départ d’une véritable immersion dans la culture géorgienne.
Et ici, le vin ne se déguste jamais tout à fait seul. Il raconte une histoire, accompagne un repas et rassemble autour de lui.
2. Tbilissi : une capitale à l’heure douce
À l’automne, Tbilissi change de rythme.
La chaleur estivale s’efface peu à peu et la capitale géorgienne se découvre avec davantage de douceur. Dans la vieille ville, les balcons en bois, les façades colorées et les petites ruelles invitent à la promenade. On monte vers la forteresse de Narikala, on traverse les jardins ou l’on poursuit sa balade jusqu’au jardin botanique, avant de redescendre vers les rives du Mtkvari.
La ville se découvre alors à pied, au fil de ses contrastes : architecture ancienne et adresses contemporaines, bains traditionnels et cafés créatifs, marchés et galeries.
En octobre, Tbilisoba, grande fête populaire de la capitale, ajoute une dimension particulièrement festive à cette saison. Producteurs, artisans, musiciens et danseurs investissent les rues tandis que les spécialités régionales et les vins géorgiens viennent rappeler la diversité culturelle du pays.
Une capitale à découvrir sans programme trop précis, en laissant la ville décider du rythme.
3. Bordjomi : le goût de la nature
À environ 150 kilomètres à l’ouest de Tbilissi, Bordjomi offre une parenthèse entre forêt, thermalisme et patrimoine.
La station est célèbre depuis le XIXe siècle pour ses sources d’eau minérale. Son eau, aujourd’hui connue dans le monde entier sous le nom de Borjomi, a contribué à faire de la ville une destination thermale réputée.
Mais Bordjomi se découvre aussi en extérieur. Ses parcs et ses sentiers s’enfoncent dans les paysages du Petit Caucase et ouvrent sur le parc national de Borjomi-Kharagauli, l’un des plus vastes espaces protégés de Géorgie.
À l’automne, les forêts prennent des teintes profondes et les chemins offrent une autre façon d’explorer la région.
Le patrimoine ajoute une dimension historique à cette escapade. La famille impériale russe des Romanov avait notamment fait de Bordjomi l’une de ses destinations privilégiées.
Ici, le voyage oscille entre promenade, nature et histoire, dans une atmosphère propice au ralentissement.
4. Dans les forêts, un autre visage de la Géorgie
Pour s’échapper de l’agitation de la capitale, il suffit parfois de parcourir quelques kilomètres.
À une vingtaine de kilomètres de Tbilissi, la forêt de Sabaduri, intégrée au parc national de Tbilissi, devient particulièrement spectaculaire lorsque l’automne s’installe. Les arbres se couvrent de nuances rouges, cuivrées et dorées, transformant les chemins forestiers en décor naturel.
Plus loin, d’autres parcs nationaux permettent de poursuivre cette immersion.
À Lagodekhi, Borjomi-Kharagauli ou Kintrishi, les itinéraires traversent forêts, rivières et cascades. Randonnée, vélo ou promenade à cheval permettent de découvrir ces paysages à un rythme différent.
Une Géorgie plus sauvage se dessine alors, loin des grandes villes et des itinéraires les plus fréquentés.
5. À table : l’automne se goûte aussi
En Géorgie, la découverte passe naturellement par la table.
À l’automne, les marchés se remplissent de raisins, noix, pommes, poires et grenades. Les récoltes rejoignent les cuisines familiales et donnent naissance à une gastronomie généreuse, profondément attachée au terroir.
Mais pour comprendre véritablement l’art de vivre géorgien, il faut s’asseoir autour d’un supra.
Ce grand repas traditionnel est avant tout un moment de partage. Les plats circulent, les verres se remplissent et les conversations s’animent au rythme des toasts du tamada, le maître de cérémonie.
En Kakhétie, la saison des vendanges permet également de découvrir le churchkhela, spécialité emblématique composée de noix enfilées sur une ficelle puis recouvertes de jus de raisin épaissi.
Ici, manger est une affaire de transmission. Les recettes passent de génération en génération, comme les gestes de la vigne et les traditions qui accompagnent le vin.
L’automne, saison géorgienne
En Géorgie, l’automne ne se contente pas de changer les couleurs du paysage. Il modifie aussi la manière de voyager.
On marche davantage. On s’attarde à table. On écoute les histoires racontées autour d’un verre de vin. On découvre les forêts sous une lumière nouvelle et les villes à un rythme plus doux.
De la Kakhétie viticole aux montagnes du Caucase, de l’effervescence de Tbilissi aux forêts du Petit Caucase, la saison offre mille façons de rencontrer le pays.
Une invitation à voyager autrement, en privilégiant moins la course aux incontournables que les moments qui restent : un repas partagé, une promenade dans les feuilles, un verre de vin, une rencontre.
C’est peut-être là que se trouve le véritable luxe d’un automne en Géorgie : avoir enfin le temps de regarder, de goûter et de vivre.




