Au cœur de Paris, une exposition hors du commun s’apprête à marquer l’été 2026. Fragile Beauté, présentée au Jeu de Paume, réunit plus de 300 photographies issues de la collection personnelle d’Elton John et de David Furnish – une collection bâtie patiemment au fil des années, qui interroge ce que la force et la vulnérabilité disent de la condition humaine.
Une collection née d’une passion commune pour la photographie
Elton John et David Furnish ont constitué cette collection avec un soin particulier. Parmi les premiers tirages acquis figurent des œuvres d’Irving Penn, qui reste l’un des photographes les plus aimés du couple. Ainsi, chaque image porte en elle une histoire personnelle autant qu’artistique.
L’exposition Fragile Beauté est adaptée directement de la présentation du V&A. Ce parcours couvre des tirages allant des années 1950 à nos jours, ce qui en fait l’une des plus importantes de notre génération. De plus, le visiteur croise des noms majeurs : Robert Mapplethorpe, Nan Goldin, Irving Penn, Richard Avedon ou Mary Ellen Mark.
Le titre lui-même dit beaucoup. Pourtant, ce n’est pas la fragilité seule qui domine. C’est le dialogue constant entre force et délicatesse, entre ce qui s’expose et ce qui se dérobe au regard.
« Ces images interrogent le rapport subtil entre force et vulnérabilité, au cœur de la condition humaine. »
La mode, fil conducteur de l’exposition
La mode constitue l’un des axes majeurs du parcours de Fragile Beauté. Le visiteur y trouve de somptueux portraits de mannequins signés Herb Ritts et Irving Penn. Parmi eux, une image se distingue : une mannequin de dos, vêtue d’une robe noire Versace, photographiée par Herb Ritts en 1990 à El Mirage.
Cette photographie illustre bien l’esprit de l’ensemble. Elle allie élégance absolue et mystère retenu. Ainsi, la mode devient ici un prisme pour lire le corps, le désir et la beauté sous toutes leurs formes.
Des icônes de la culture immortalisées par de grands noms
Une salle entière de Fragile Beauté est dédiée aux figures du spectacle, de la musique et du cinéma. On y croise Elizabeth Taylor, Marlon Brando, Aretha Franklin. On y voit aussi Doris Day, immortalisée par John Florea en 1952, entourée de six caniches tenus en laisse.
Ces portraits célèbres côtoient des œuvres plus intimes. Philip-Lorca diCorcia y figure avec son travail réalisé entre 1990 et 1992. De même, Harley Weir est présent avec Boys Don’t Cry, capturé au Sénégal en 2015.
Chaque salle apporte ainsi un nouveau registre émotionnel. Le visiteur passe du glamour à l’intime, de la célébration au témoignage brut.
- Plus de 300 photographies issues de la collection d’Elton John et David Furnish
- Des tirages couvrant les années 1950 à nos jours
- Des œuvres de Robert Mapplethorpe, Nan Goldin, Irving Penn, Richard Avedon et Mary Ellen Mark
- Une installation monumentale composée de 149 tirages issus de la série Thanksgiving de Nan Goldin
- Une exposition à voir au Jeu de Paume jusqu’au 27 septembre 2026
Le désir et le photoreportage au cœur du parcours
Un espace de Fragile Beauté est consacré au désir et à la célébration du corps masculin. Les œuvres de Robert Mapplethorpe y occupent une place centrale. Le corps s’y révèle tantôt avec retenue, tantôt dans sa pleine nudité, mettant en lumière la communauté LGBTQIA+.
Par ailleurs, l’exposition accorde une place importante au photoreportage. Des images retracent des moments clés de l’histoire contemporaine, comme le mouvement des droits civiques des années 1960 ou les luttes pour la libération de la communauté homosexuelle. Pirkle Jones y documente ainsi le rassemblement des Black Panthers à Oakland le 25 août 1968.
Nan Goldin et Mapplethorpe, deux figures incontournables
Deux artistes dominent l’ensemble de Fragile Beauté : Nan Goldin et Robert Mapplethorpe. L’exposition présente notamment une installation monumentale composée de 149 tirages issus de la série Thanksgiving de Nan Goldin. Ce travail offre un regard intime et profondément humain.
Ces images font écho aux grands thèmes portés tout au long du parcours. La tension entre ce qui est montré et ce qui reste caché traverse chaque salle. Pourtant, c’est dans cet espace de Fragile Beauté que le visiteur ressent sans doute le plus vivement cette émotion partagée.
Aussi, des tirages d’Eve Arnold sont présents, dont sa photographie de Marilyn Monroe dans le désert du Nevada en 1960, prise lors du tournage du film Les Désaxés avec Clark Gable. De même, Walter Pfeiffer figure dans le parcours avec une œuvre intitulée Sans titre, datée de 1975.
Fragile Beauté est à voir au Jeu de Paume, 1 Place de la Concorde, 75001 Paris, jusqu’au 27 septembre 2026.



