Ce mardi soir, une standing ovation a accueilli Faye Dunaway sur la scène du CID, lors du festival du cinéma américain de Deauville 2026. La comédienne américaine y recevait un Deauville Icon Award, récompense qui couronne près de 70 ans de carrière jalonnés d’un Oscar et de trois Golden Globes.
Un Deauville Icon Award pour une carrière hors normes
Remettre un prix à Faye Dunaway, c’est saluer une trajectoire que peu d’actrices ont égalée. Au festival du cinéma américain de Deauville, Philippe Augier, maire de la ville normande, a pris la parole pour rendre hommage à celle qu’il décrit comme une femme que le temps n’est pas parvenu à effacer. Ses mots résument l’essence même de la distinction : une icône ne se fige pas, elle perdure.
Le maire a souligné la beauté, l’intelligence, l’autorité, l’audace et l’insolence de l’actrice, reconnaissant que ces qualités ont profondément renversé le regard du public sur les femmes au cinéma. Car Faye Dunaway n’a jamais joué les personnages féminins selon les attentes convenues : elle les a incarnés dans toute leur complexité, leurs contradictions, leur désir et parfois leur cruauté.
La cérémonie s’est tenue malgré un contretemps météorologique : la pluie et le vent avaient compromis l’inauguration de sa cabine sur les planches de Deauville dans l’après-midi. Pourtant, l’actrice était bien présente le soir venu, et elle a su se faire désirer sur le tapis rouge avant de rejoindre la scène sous des applaudissements nourris.
Des rôles qui ont redéfini la femme au cinéma américain
Pour comprendre pourquoi le festival du cinéma américain de Deauville a choisi de lui décerner cet honneur, il suffit de parcourir sa filmographie. Philippe Augier a évoqué Bonnie et Clyde, où son personnage de Bonnie Parker ne subit pas son destin : elle choisit, elle désire, elle s’empare de sa propre existence. Un geste cinématographique qui a changé les règles du jeu dès ses débuts.
Ensuite, L’Affaire Thomas Crown de Norman Jewison l’a vue inventer une forme d’élégance moderne aux côtés de Steve McQueen. Puis Chinatown de Roman Polanski lui a offert le rôle d’Evelyn Mulwray, figure mystérieuse et bouleversante que le maire de Deauville place parmi les plus marquantes de l’histoire du cinéma américain. Dans Network de Sidney Lumet, elle a incarné une prédatrice brillante et résolument moderne.
Ces rôles illustrent une capacité rare : donner à un personnage une profondeur et une ambiguïté qui survivent longtemps après la fin du film. Des cinéastes comme Arthur Penn, Elia Kazan, Richard Lester ou Emir Kusturica ont tous cherché à travailler avec elle, attirés par cette liberté de jeu que Philippe Augier a placée au cœur de son hommage.
Ce que Prima et Nicola Peltz Beckham révèlent de son influence
La soirée au festival du cinéma américain de Deauville a aussi mis en lumière la transmission entre générations. Nicola Peltz Beckham, 31 ans, partage l’affiche avec Faye Dunaway dans le film Prima de Luca Morelli et Alessandro Morelli. Sur scène, la jeune actrice a exprimé une admiration sans réserve, décrivant les interprétations de Dunaway comme inoubliables, complexes, puissantes et profondément personnelles.
De plus, Nicola Peltz Beckham a confié que tourner aux côtés de Faye Dunaway représentait un rêve devenu réalité, et qu’elle se sentait chanceuse d’avoir pu apprendre auprès d’elle. Ce témoignage illustre concrètement l’impact que l’actrice continue d’exercer sur les comédiennes de la nouvelle génération.
- Faye Dunaway reçoit le Deauville Icon Award au festival du cinéma américain de Deauville 2026
- Près de 70 ans de carrière, un Oscar et trois Golden Globes à son actif
- Rôles marquants dans Bonnie et Clyde, Chinatown, L’Affaire Thomas Crown et Network
- Présence au côté de Nicola Peltz Beckham dans le film Prima
- Inauguration de sa cabine sur les planches de Deauville prévue dans la journée
Faye Dunaway et son amour déclaré pour la France
Sur scène, Faye Dunaway a pris la parole en français, lançant un « Merci infiniment, vous êtes trop gentils » qui a ému la salle. Ce n’est pas un hasard : l’actrice a étudié le français pendant huit ans pour pouvoir converser avec les Français, et elle a confié se sentir toujours très bien accueillie en France.
Cet attachement sincère à la culture française donne une résonance particulière à la distinction décernée par le festival du cinéma américain de Deauville. Car au-delà du trophée, c’est une relation durable entre une artiste et un pays qui se confirme ce soir-là, dans une ville normande qui lui a réservé une place sur ses célèbres planches.


