ENTRETIEN – Entre thriller géopolitique, récit d’espionnage et voyage culinaire, Les Secrets du Chef est le premier roman de Marc Hammani. Il raconte l’histoire de Karl Marx, un jeune chef cuisinier globe-trotter recruté par la mystérieuse X Company, naviguant entre les cuisines des palaces et les zones de haute tension diplomatique, manipulant les secrets d’État aussi bien que ses couteaux. L’auteur nous livre ses secrets d’écriture, à la Société des auteurs et compositeurs dramatique, à Paris.

© Nathan Duprat

© Idriss Productions
Nathan Duprat : Comment passe-t-on de chef cuisinier international à écrivain d’un roman d’espionnage ?
Marc Hammani : Il faut déjà avoir la motivation d’écrire, c’est la priorité, ensuite il s’agit de la vie. J’ai été chef pendant des années, j’ai beaucoup voyagé, ça m’a beaucoup inspiré. J’ai vécu des aventures et j’avais beaucoup d’anecdotes à raconter, donc je me suis dit qu’il fallait les coucher sur papier. Pour que ça soit plus amusant, plutôt que d’écrire l’histoire de ma vie, j’ai préféré écrire l’histoire de ma vie romancée : un un chef, mais qui travaille dans le renseignement, en tant qu’espion pour une agence privée, qui s’appelle la X Company, qui elle-même travaille pour toutes les grandes agences qu’on connaît, CIA, DGSE, MI6, entre autres Mossad et j’en passe. Ce livre c’est aussi une très belle histoire d’amour. Il voyage énormément, et comme il connait la gastronomie il lui arrive d’assassine par… empoisonnement ! On suit ce personnage à travers le monde, c’est un roman amusant tout en étant sous tension à travers des péripéties géopolitiques.
Avant de de devenir chef, vous aviez fait des études littéraires ?
Oui, tout à fait. Mon père était décorateur et voulait que je fasse de la décoration comme lui, donc j’ai été obligé de faire des études de littérature et d’art plastique au lycée Louis-Thuillier à Amiens. Puis par la suite, je suis entré en cuisine,
ce que je voulais faire depuis toujours. C’est mon grand père qui m’a transmis cette passion. Il était cuisinier et restaurateur à Alger, il avait des gargotes. Et sa grande fierté, ça a été d’avoir servi le général de Gaulle, en 1943, à
l’époque de la France libre durant laquelle Alger avait servi de « capitale » à la France libre et de siège du gouvernement en exil de juin 1943 à l’été 1944.
Aujourd’hui vous êtes toujours chef ?
Oui, j’ai plusieurs casquettes : je travaille dans un fonds d’investissement, avec de grandes entreprises, pour des États, et j’ai désormais j’ai ma propre agence d’influence. On retrouve tout ça dans le livre. Aujourd’hui écrivain. Mais la cuisine coulera à vie dans mes veines.

La Société des auteurs et compositeurs dramatique, dans le 9e arrondissement parisien, où avait lieu le cocktail littéraire. © Idriss Productions

© Idriss Productions
Combien de temps avez vous mis pour écrire ce roman ? Quel a été votre processus d’écriture ?
Figurez-vous que j’ai beaucoup écrit dans des avions, entre deux voyages. J’y ai trouvé du temps. Quand je volais entre huit et douze heures, je me réservais toujours trois à quatre heures d’écriture. Ensuite, l’inspiration me venait également le soir, très tard, dans mes chambres d’hôtel. J’ai dû l’écrire en l’espace de six mois et pris autant de temps ensuite pour la correction. Mes études littéraires ne m’ont pas tellement aidé à écrire car je n’ai pas voulu faire un livre qui soit trop complexe ou trop sérieux. J’ai fait un livre à mon image : qu’on peut apprécier en étant dans un train, dans un avion, sur la plage… Je voulais qu’on puisse s’enticher de Marc ou encore d’Assia, la femme dont il tombe amoureux.
Votre roman est-il, en quelque sorte, une porte d’entrée vers la gastronomie ?
Effectivement, d’une part parce qu’on a de vraies recettes de cuisine dans plusieurs chapitres. C’est pour ça que c’est un roman particulièrement intéressant : parce qu’il est hybride. Et d’autre part, ces recettes, vous les retrouvez à la fin du livre avec de belles photos. Ce sont des recettes que j’ai validées et que vous pouvez refaire à la maison si vous êtes un peu doué (rires) !
Quels sont les pays qui vous ont le plus inspiré pour faire ce livre, notamment au plan gastronomique ? Comment les avez-vous choisis ?
Vous savez, j’ai travaillé dans une soixantaine de pays, il m’a donc été impossible de tous les mettre dans ce roman. J’ai choisi en premier lieu la Chine, le Japon, le Sénégal, le Maroc, la France, évidemment, mais aussi beaucoup d’autres que les lecteurs découvriront. Pour le choix, c’est différentes digressions de la mémoire. Je me rappelle par exemple d’une ville et ça m’inspire pour écrire, puis je vais y mettre une recette, ou inversement c’est la cuisine qui me donne envie d’écrire sur tel pays. Sans trop trahir le livre, on traverse à un moment donné la Mongolie. Eh bien on aura des recettes de Mongols ! Je suis actuellement en écriture du deuxième tome, car il reste encore beaucoup de voyage à raconter.
Plus d'informations : Les Secrets du Chef aux éditions Marx & Co. 366 pages. Prix : 21,90 euros.




