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Voyage

Élue première destination Halloween 2026 devant Salem, la Transylvanie fait revivre Dracula neuf nuits au château de Bran

Élue première destination Halloween 2026 devant Salem, la Transylvanie fait revivre Dracula neuf nuits au château de Bran

Et si la meilleure destination Halloween en Europe cette année se cachait au creux des Carpates roumaines, perchée sur un éperon rocheux entre forêts denses et brouillard matinal ? Du 24 octobre au 1er novembre 2026, le château de Bran transforme ses couloirs en scène vivante, et la Transylvanie s’impose comme un choix qui mérite franchement réflexion.

La Transylvanie, première destination Halloween en Europe pour 2026

Le site spécialisé Travel And Tour World a publié fin septembre son Top 50 des destinations Halloween 2026. La Transylvanie y décroche la première place, devançant Derry en Irlande du Nord et Salem aux États-Unis.

Ce classement n’est pas un hasard de calendrier. Il coïncide avec les vacances de la Toussaint, ce qui rend le voyage concrètement accessible depuis la France.

La forteresse de Bran se situe à une trentaine de kilomètres de Brasov et à environ deux heures et demie de route de Bucarest. Depuis Paris, le trajet le plus simple passe par un vol vers Bucarest, puis une liaison vers Brasov par le train ou la route.

Depuis la gare routière de Brasov, un bus part pour Bran toutes les demi-heures en semaine et toutes les heures le week-end. Le trajet dure environ trois quarts d’heure pour 7 lei, soit 1,50 euro.

Neuf jours d’Halloween rythmés par les phases de la Lune

Cette année, l’événement s’intitule «La Légende de Dracula» et s’étend sur neuf jours. Le château a construit son programme autour des phases de la Lune, en trois temps narratifs.

Le parcours raconte d’abord une apparition discrète du célèbre vampire, puis une transformation progressive, avant un ultime silence. Chaque étape correspond à une formule de billet distincte, de la «nouvelle lune» à la «lune bleue».

  • Du 24 au 30 octobre, visite de jour dans des salles plongées dans la pénombre, avec comédiens et effets spéciaux
  • Le 31 octobre, parcours nocturne plus intense, conseillé aux adultes uniquement
  • Le soir du 31, fête en extérieur dans le parc royal du château
  • Le 1er novembre, journée pensée spécifiquement pour les familles
  • Les billets sont volontairement limités en nombre, mieux vaut réserver via le site officiel du château

Le château déconseille les plateformes de revente tierces, qui prélèvent une commission supplémentaire. Il prévient par ailleurs que les températures fin octobre sont basses et les allées glissantes.

Manteaux chauds, pulls épais et bonnes chaussures s’imposent donc au même titre que les billets eux-mêmes. Le froid des Carpates à cette saison peut se montrer, selon le château lui-même, plus redoutable que certains vampires.

Un édifice royal, loin du repaire gothique imaginé

Hors du programme Halloween, le château de Bran surprend par sa douceur intérieure. La reine Marie, sa dernière occupante, en avait fait sa résidence d’été dans les années 1920.

Elle l’avait aménagé avec soin, laissant des salles garnies de boiseries, de poêles en faïence et de mobilier d’époque. Les escaliers étroits et les pièces meublées racontent d’abord sa vie, bien avant toute légende vampirique.

Les visiteurs en quête de sensations fortes peuvent cependant ajouter une exposition d’instruments de torture et un passage secret nommé «tunnel du temps». Au pied des murs, le parc royal et le salon de thé Casa de Ceai offrent une parenthèse plus calme.

Le village de Bran, lui, entretient la légende avec des souvenirs à l’effigie du vampire. La forteresse a d’abord servi à des marchands saxons de Brasov, qui l’ont élevée à partir de 1377 pour garder le col et taxer les marchandises.

Le mythe Dracula et cette destination, une construction du XXe siècle

Le lien entre Bran et Dracula repose sur des bases fragiles, que le château lui-même reconnaît ouvertement. Bram Stoker n’a jamais mis les pieds en Roumanie.

Pour imaginer le repaire de son comte, publié en 1897, l’écrivain irlandais se serait inspiré d’une gravure de Bran parue dans un ouvrage anglais consacré à la Transylvanie. C’est le château lui-même qui avance cette hypothèse.

Quant à Vlad III, prince de Valachie au XVe siècle, dont le surnom Dracula signifie «fils du Dragon», son lien avec Bran reste tout aussi ténu. Le château évoque une captivité de deux mois entre ses murs en 1462, tout en admettant qu’aucun document écrit ne prouve que Vlad l’a jamais conquis.

L’étiquette «château de Dracula» ne s’est d’ailleurs imposée qu’au XXe siècle. La Roumanie communiste a alors joué la carte du vampire pour attirer des devises occidentales, et le pays a pleinement assumé ce choix après 1989.

Offerte à la reine Marie en 1920, la forteresse a ensuite été confisquée par les communistes, puis restituée à ses héritiers après la chute du régime. Aujourd’hui, ce lieu invite ses visiteurs à distinguer réalité et fiction, tout en vendant chaque automne des billets pour le retour du comte – une contradiction que Bran porte avec une franchise presque désarmante. Les voyageuses qui souhaitent pousser l’exploration peuvent également rejoindre Sighisoara, citadelle classée par l’Unesco où serait né le vrai Vlad III, et qui complète naturellement le séjour.