Votre brosse à dents à 479 euros vient peut-être de perdre de sa valeur, et ce n’est pas une question de prix. Dix jours après un lancement organisé à Paris en présence de James Dyson lui-même, la CameraJet a disparu de toutes les boutiques françaises. La marque a fini par confirmer le problème.
Un retrait discret, puis une confirmation officielle de Dyson
Le 11 septembre, les deux coloris de la CameraJet affichaient « Actuellement en rupture de stock » sur dyson.fr. Le bouton d’achat avait cédé la place à un formulaire d’alerte, tandis que le prix restait affiché. Chez Fnac, Darty, Boulanger et Cdiscount, même constat : l’appareil n’était plus commandable nulle part.
Interrogée par Frandroid, la marque a finalement précisé sa position. Elle indique avoir « identifié qu’un nombre limité de produits issus de certains premiers lots de fabrication pouvait être affecté par un défaut de composant ». La commercialisation a donc été suspendue de façon préventive, afin de garantir l’expérience attendue d’un produit de cette gamme. La marque parle d’un « incident circonscrit » et précise qu’aucun rappel officiel n’est en cours, ce que confirme l’absence de toute fiche sur RappelConso, la plateforme de la DGCCRF.
Sur le terrain, les consignes avaient pourtant précédé la communication officielle. Un message interne diffusé chez un grand distributeur d’électroménager, relayé sur X et consulté par Numerama, demandait de ne plus vendre l’appareil, même en cas de demande client, et de reprendre tout retour avec remboursement sans passer par le SAV. Deux témoignages concordants de vendeurs ont circulé pour confirmer cette instruction.
Ce que les premiers utilisateurs ont observé
Les signaux d’alerte ne venaient pas seulement des distributeurs. Sur la fiche Cdiscount, un acheteur décrit avoir vu son exemplaire s’éteindre définitivement le 9 septembre, après une alerte de surchauffe de la batterie dans l’application MyDyson. Ce récit n’est pas isolé : sur Reddit, des utilisateurs britanniques et américains font état d’eau dans le compartiment de la batterie, parfois après quelques secondes d’utilisation seulement.
Ce point mérite attention, car la CameraJet est certifiée IPX7, ce qui signifie qu’elle est censée résister à une immersion à un mètre pendant trente minutes et s’utiliser sous la douche. Or, un appareil qui contient un réservoir de bain de bouche et projette du liquide sous pression à chaque brossage présente davantage d’occasions de laisser entrer de l’eau qu’une brosse classique. Consumer Reports, aux États-Unis, n’a d’ailleurs pas réussi à terminer un brossage complet avec son exemplaire de test.
Ce que ça change concrètement si vous avez acheté la CameraJet
La marque indique communiquer directement avec les clients dont les produits présentent un défaut. Autrement dit, si votre appareil fonctionne sans anomalie, rien ne vous oblige à le rapporter. En revanche, plusieurs précautions s’imposent dès maintenant.
- Surveillez régulièrement l’application MyDyson et toute alerte liée à la batterie.
- Si une alerte de surchauffe est apparue, ne remettez pas l’appareil en charge.
- Conservez votre preuve d’achat et votre emballage d’origine.
- En cas de panne ou si vous préférez ne pas attendre, la consigne relayée en magasin prévoit la reprise et le remboursement, même pour un produit déballé.
Pour ceux qui n’avaient pas encore franchi le pas, la question se règle d’elle-même pour l’instant. La marque promet un retour à la vente « dans les meilleurs délais », sans préciser de date.
Un premier produit dentaire sous pression
La CameraJet avait été présentée le 1er septembre à Paris par James Dyson en personne. L’appareil embarque une caméra macro de 100 000 pixels et un système de jet de bain de bouche conçu pour atteindre les espaces interdentaires. Son tarif de 479 euros avait été défendu par la marque en le comparant au coût d’une visite chez le dentiste.
Suspendre les ventes plutôt que de laisser circuler des exemplaires potentiellement défectueux est une décision responsable. Pourtant, rater le lancement de son tout premier produit dentaire a des conséquences qui dépassent le simple rappel logistique. On attend désormais de savoir combien d’exemplaires sont réellement concernés et quel composant est en cause.




