Pendant des années, s’offrir un robot aspirateur signé Dyson relevait du luxe assumé, réservé à ceux qui ne regardaient pas le prix. Avec la gamme Nurovi présentée à l’IFA, la marque franchit enfin un cap décisif en proposant deux modèles sous la barre des 1 000 euros, dont un à 549 euros.
Un tournant tarifaire pour Dyson
Jusqu’ici, la marque n’avait jamais commercialisé de robot en dessous de 1 000 euros. Le 360 Vis Nav, sans fonction lavage, se vendait au prix d’un ordinateur portable. Le Spot+Scrub AI, testé il y a six mois, affichait 1 199 euros au lancement et se retrouvait ainsi cantonné à une clientèle très restreinte. La leçon semble désormais assimilée.
La nouvelle gamme Nurovi, dont le nom est une contraction de « Neural » et « Vision », comprend trois modèles. Le R1 Nurovi Dry, un robot aspirateur sans lavage, est disponible à 549 euros dès le 4 septembre. Le R2 Nurovi Wash+Dry, qui intègre deux serpillières et une station de lavage, arrive à 849 euros à partir du 9 septembre. Enfin, le R3 Nurovi Spot+Scrub UV est annoncé à 1 199 euros pour une date ultérieure. Pour la première fois, la marque propose donc deux robots en dessous du seuil symbolique des 1 000 euros, dont un moins cher que son aspirateur balai le plus vendu.
Ce que les R1 et R2 ont en commun
Les deux modèles d’entrée et de milieu de gamme partagent une base technique identique. Tous deux embarquent une navigation LiDAR à temps de vol, un moteur de 21 000 Pa et une brosse latérale capable de s’étendre vers les plinthes. Un capteur piézo, hérité des aspirateurs balais de la marque, mesure en continu la quantité de poussière aspirée et double automatiquement la puissance en cas de forte concentration.
La station de vidage fonctionne sans sac, grâce à huit cyclones qui collectent les déchets dans un bac de 2,6 litres. L’autonomie annoncée avant vidage atteint 90 jours. Sur le R2, les serpillières adoptent une forme de triangle de Reuleaux, une géométrie à largeur constante qui permet d’atteindre les angles que les disques ronds laissent habituellement sales. La station lave ces serpillières à 75 °C et les sèche à 45 °C.
Le R3, un haut de gamme revu et corrigé
Le modèle le plus ambitieux reprend l’architecture du Spot+Scrub AI, mais avec plusieurs améliorations notables. Le rouleau en microfibre de 27 cm est désormais hydraté en douze points avec une eau chauffée à 70 °C, contre 60 °C sur le modèle précédent. Ce rouleau s’étend de 40 mm vers les murs pour couvrir les zones proches des plinthes. Le moteur monte à 30 000 Pa, soit 65 % de plus que sur l’ancien modèle, ce qui répond directement à une critique formulée lors du test précédent concernant les performances sur moquette.
La principale nouveauté du R3 réside dans sa lampe UV, combinée à une LED verte et à une caméra. Ce système vise à repérer les taches invisibles à l’œil nu, puis à repasser dessus jusqu’à leur disparition complète. Le robot serait capable de reconnaître près de 200 substances et objets, dont les chaussettes et les déjections animales. L’autonomie atteint 200 minutes, la station stocke jusqu’à 100 jours de poussière et sèche le rouleau à 55 °C.
- R1 Nurovi Dry : 549 euros, disponible le 4 septembre, aspiration seule
- R2 Nurovi Wash+Dry : 849 euros, disponible le 9 septembre, serpillières triangulaires et station de lavage
- R3 Nurovi Spot+Scrub UV : 1 199 euros, date à confirmer, lampe UV et moteur 30 000 Pa
- Station sans sac commune aux R1 et R2 : bac de 2,6 litres, autonomie 90 jours
- Serpillières lavées à 75 °C et séchées à 45 °C sur le R2
Sur le R3, la lampe UV mérite cependant d’être évaluée en conditions réelles. Certaines taches organiques, comme l’urine, réagissent effectivement sous ultraviolet, mais la majorité des salissures domestiques ne fluorescent pas. Dans ce cas, c’est la caméra qui assure l’essentiel de la détection. Par ailleurs, le prédécesseur direct du R3 se trouve aujourd’hui sous les 900 euros, ce qui relativise l’écart tarifaire entre les deux générations.
Des coins mieux nettoyés, vraiment ?
La forme triangulaire des serpillières du R2 constitue le pari technique le plus original de cette gamme. Roborock et Dreame ont opté pour des disques ronds qui se déportent latéralement pour atteindre les angles. Dyson choisit une autre approche en modifiant la géométrie même de la serpillière. En théorie, le triangle de Reuleaux couvre mieux les coins droits. En pratique, c’est sur le carrelage que la différence se vérifiera.
Ce qui est certain, c’est que la marque a mis dix ans à aligner ses prix sur ceux du marché des robots aspirateurs, où l’essentiel des ventes se concentre entre 500 et 900 euros. Les deux nouveaux modèles accessibles comblent enfin ce vide dans le catalogue, et les corrections apportées au R3 répondent aux points faibles identifiés lors du test du Spot+Scrub AI. Les tests en conditions réelles diront si la promesse tient sur le sol.




