La Ferme du Mohair : l’affirmation d’une maison textile française
Qu’est-ce qui vous a inspiré à créer La Ferme du Mohair en 1987 et à investir dans un élevage de chèvres angora dans les Pyrénées ariégeoises ?

J’ai repris la Ferme du Mohair en 2014, après un parcours professionnel dans le
textile, démarré en 1998. Je partageais toutes les motivations qui ont amené le
fondateur à démarrer cet élevage en 1987 :
L’ancrage local, dans un territoire fort, l’Ariège, avec un projet agricole cohérent,
autonome.
La chèvre angora produit une fibre rare, encore peu valorisée dans la maille textile.
Cette fibre mohair m’a séduit par sa noblesse, sa légèreté et sa qualité, issue de près
de 40 ans d’expérience d’éleveur et de sélection.
La maîtrise complète du cycle : de la récolte de la matière, de sa transformation, de
la création textile, à la vente directe au consommateur
Pouvez-vous nous parler des valeurs qui ont guidé la création de La Ferme du Mohair et qui restent au cœur de la marque aujourd’hui ?

Ces valeurs sont toujours présentes depuis l’origine: qualité, local et durabilité.
L’exigence la qualité, de la laine à la finition du vêtement.
La contribution à une filière textile locale, avec une production européenne maîtrisée.
Et la durabilité, par la conception de produits sans effet de mode, par la traçabilité et
le juste prix. Et bien sûr la pérennité de l’élevage (tonte, reproduction).
Comment avez-vous réussi à maîtriser l’ensemble de la filière, de la toison jusqu’à la pièce finie, et pourquoi cette traçabilité est-elle importante pour vous ?

Nous travaillons avec des filatures et ateliers identifiés, partenaires de très longue
date, avec un vrai savoir-faire, à proximité, en France, en Italie ou au Portugal.
Tous ces partenaires ont les meilleures certifications en terme de RSE, ce qui
garantit traçabilité et qualité.
Evidemment disposer de notre propre élevage est la meilleure garantie de cette
traçabilité. C’est à la fois un engagement éthique autant qu’économique.
Nous croyons plus que jamais au retour du local dans une filière textile hyper
mondialisée.
La Ferme du Mohair a récemment été transmise à une nouvelle génération d’éleveurs ; comment avez-vous préparé ce passage de témoin pour préserver l’âme
de l’élevage ?
La transmission a été préparée sur plusieurs années. Antoine avait rejoint l’élevage il
y plusieurs années. Cela n’a pas été facile de lui trouver un binôme car il y peu de
candidatures pour ce type de métier, difficile. Nous avons fait confiance à une jeune
éleveuse, avec peu d’expérience mais qui partage nos valeurs et une vraie envie
d’apprendre. C’est un élevage qui se mène à deux. Les premiers mois se passent
très bien.
Comment la matière première, le mohair, influence-t-elle la création textile et les collections contemporaines de la maison ?
Les caractéristiques de la fibre de la laine mohair sont uniques : c’est une fibre
longue, lisse. Elle permet des points de tricot multiples et dans toutes les jauges.
C’est une fibre lumineuse, qui adore la couleur ! Les possibilités en uni ou jacquard
sont infinis.
Nous privilégions des pièces sobres, qui laissent parler la matière.
Nous partons toujours du fil, jamais de la tendance. C’est lui qui donne le ton de nos
collections.
Notre mélange « mohair & soie » est exceptionnel en terme de luminosité, de
douceur et de chaleur. Nous sommes toujours très fiers d’entendre les exclamations
élogieuses de nos clients quand ils ont le produit en main.



