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Dries Van Noten printemps-été 2027 réinvente le glamour hollywoodien au Carreau du Temple

FreshMagazine - Dries Van Noten printemps-été 2027 réinvente le glamour hollywoodien au Carreau du Temple

Au Carreau du Temple, Dries Van Noten a ouvert une nouvelle page de son histoire ce printemps-été 2027. Le directeur artistique Julian Klausner y a défendu une vision du glamour à la fois sensuelle et désarmante de simplicité.

Une question posée à toute une équipe

Tout part d’une conversation collective, presque enfantine dans son innocence. Klausner a rassemblé son équipe autour d’une seule question : à quel moment précis se sent-on glamour ?

Les réponses ont construit le fil conducteur de la collection. Pour le créateur, le glamour peut tenir à une ceinture bien serrée autour de la taille. Il peut aussi naître d’une broche scintillante épinglée sur un vieux manteau, d’un gant ajusté ou d’une couleur franchement affirmée.

Ce point de départ est décisif pour comprendre la collection. Car Klausner ne cherche pas le glamour spectaculaire des podiums. Il traque celui que chacun peut s’offrir au quotidien, dans un geste simple.

Dries Van Noten convoque le grand écran et ses affiches

Le défilé s’est ouvert sur une bande-son particulière. La musique de Piero Umiliani, compositeur italien auteur de nombreuses partitions de films cultes, notamment pour le Pigeon de Mario Monicelli et Smog de Franco Rossi, habillait l’entrée en piste des premières silhouettes.

Des bruits de rue, des chants d’oiseaux, le claquement de talons sur le bitume. Ainsi, la femme Dries Van Noten semblait avancer à la frontière entre la vie réelle et le grand écran.

Klausner et son équipe ont conçu huit affiches de cinéma vintage pour imprimer robes vaporeuses et granny skirts. Ces affiches, le créateur les considère comme une forme graphique à part entière, dotée d’un langage visuel propre et d’un traitement de la couleur très particulier.

Dans les années 1950, ces affiches avaient ce pouvoir rare. Elles condensaient une histoire entière, parfois sa scène la plus intense, dans un seul et unique plan fixe. C’est précisément cette capacité narrative que la maison a voulu transposer sur ses imprimés.

Des matières et des couleurs ancrées dans les 50’s et 60’s

La décennie des années cinquante et soixante imprègne profondément les silhouettes de cette collection. Des robes droites à taille basse, entièrement pavées de cristaux multicolores, côtoient de longs cardigans oversize dans un jeu de contrastes assumé.

Les matières alternent transparence et opacité tout au long du défilé. Par ailleurs, les motifs floraux, les dégradés de couleurs et les compositions graphiques que la maison affectionne parcourent l’ensemble des pièces.

La palette, elle, puise dans une nostalgie douce et poudrée. Klausner a travaillé des tons citron, un vert jade profond, et des teintes inspirées de la lingerie, notamment le vieux rose et le rose poudré.

Néanmoins, la collection ne se laisse pas enfermer dans la douceur. Des accents de vert vif et de bleu électrique viennent brusquer les tons pastel. Ces associations inattendues révèlent une tension qui maintient l’ensemble en éveil.

La grâce décontractée selon Dries Van Noten

Klausner introduit une tension propre à cette collection en confrontant les registres. Des tee-shirts inspirés des imprimés rock se glissent sous des robes longues fleuries. Or, cet écart stylistique ne produit pas de dissonance. Il génère exactement la légèreté que le créateur cherchait.

L’esprit preppy traverse plusieurs silhouettes. Des polos rayés aux manches retroussées, des chemises masculines et des pièces empruntées au vestiaire de tous les jours viennent tempérer le côté parfois théâtral du glamour.

Klausner résume lui-même son intention en des termes directs. Il voulait quelque chose de féminin, de léger, pas trop sérieux, et qui donne aux gens l’envie de jouer avec leurs vêtements et de se faire beaux.

Cette ambition, concrètement, se lit dans chaque pièce hybride de la collection. Car le vêtement devient ici un terrain d’expérimentation, non une armure à revêtir.

  • Robes vaporeuses imprimées d’affiches de cinéma vintage dessinées par l’équipe de création
  • Granny skirts construits autour des huit motifs graphiques originaux
  • Robes droites à taille basse entièrement recouvertes de cristaux multicolores
  • Longs cardigans oversize jouant sur la transparence et l’opacité
  • Polos rayés à manches retroussées dans un registre ladylike casual

Un langage reconnaissable, poussé vers un ailleurs cinématographique

Ce que cette collection réussit, c’est de rester profondément fidèle au vocabulaire de la maison tout en lui ouvrant une porte vers un imaginaire nouveau. Les imprimés, les couleurs et les jeux de matières demeurent reconnaissables. Pourtant, la référence au cinéma des années cinquante leur confère une profondeur narrative inédite.

Dries Van Noten, sous la direction de Klausner depuis décembre 2024, démontre ainsi qu’une maison peut se réinventer sans rupture brutale. La collection printemps-été 2027 en est la preuve la plus aboutie depuis cette nomination.