Et si un petit implant glissé sous la rétine pouvait redonner une vision centrale à des patients qui l’avaient perdue ? C’est la promesse que porte désormais le dispositif PRIMA, dont les résultats cliniques et l’autorisation européenne marquent un tournant pour les personnes touchées par la DMLA.
Un implant qui redonne de l’espoir aux patients atteints de DMLA
La dégénérescence maculaire liée à l’âge représente la première cause de handicap visuel en France. Selon le Vidal, environ 1,5 million de personnes de plus de 50 ans vivent avec cette maladie dans l’Hexagone. L’INSERM rappelle qu’elle peut conduire à la perte de la vision centrale, ce qui prive les malades de la capacité à lire, reconnaître un visage ou conduire.
La maladie se présente sous deux formes distinctes : la forme atrophique, dite « sèche », et la forme exsudative, dite « humide ». Dans les deux cas, les options thérapeutiques restent très limitées. Le Vidal précise que les traitements existants stoppent dans la majorité des cas l’évolution de la maladie, et la font parfois légèrement régresser, sans pour autant la guérir définitivement. C’est précisément dans ce contexte de manque de solutions curatives que l’implant PRIMA prend toute son importance.
Comment fonctionne concrètement le système PRIMA ?
Le dispositif repose sur une combinaison de deux éléments complémentaires : un implant placé sous la rétine et une paire de lunettes à réalité augmentée. Ensemble, ils contournent les cellules photoréceptrices mortes pour transmettre un signal visuel au cerveau.
Voici comment le système opère, selon le communiqué de l’INSERM et de l’Institut de la Vision :
- Une caméra miniature intégrée aux lunettes capte les images de l’environnement en temps réel.
- Un ordinateur de poche reçoit ce flux vidéo et un algorithme le traite : il peut grossir les images jusqu’à douze fois, renforcer le contraste et ajuster la luminosité.
- Le flux vidéo amélioré est ensuite converti en faisceaux de rayons infrarouges.
- Ces faisceaux sont projetés sur l’implant sous-rétinien, préalablement greffé lors d’une intervention chirurgicale.
- L’implant capte ce signal infrarouge et stimule les cellules nerveuses voisines encore fonctionnelles pour envoyer un message au cerveau.
Ce mécanisme permet donc de court-circuiter les zones rétiniennes endommagées, en s’appuyant sur les cellules nerveuses résiduelles pour reconstruire un signal visuel. La sophistication de ce système illustre à quel point la technologie peut pallier des défaillances biologiques profondes.
Des résultats cliniques publiés dans une revue de référence
Les données issues de l’essai clinique ont été publiées en janvier 2026 dans le New England Journal of Medicine, l’une des revues médicales les plus reconnues au monde. L’étude a porté sur 38 participants souffrant d’atrophie géographique due à la DMLA, la forme la plus avancée de la version sèche de la maladie.
Les résultats sont frappants : plus de 80 % des patients ont rapporté une amélioration significative de leur acuité visuelle après l’implantation. L’objectif affiché du dispositif est de restaurer une vision centrale fonctionnelle, ce qui représente un bond considérable par rapport aux traitements actuels qui, eux, ne font que ralentir la progression de la maladie.
Une autorisation européenne obtenue, mais des incertitudes persistent pour la France
Au début de l’été 2026, l’implant PRIMA a franchi une étape décisive en obtenant le marquage CE. Ce sésame lui ouvre les portes de 30 pays européens, où il peut désormais être commercialisé. Selon l’Ophtalmology Times, les premiers implants devraient être disponibles prochainement en Allemagne.
Pour les patients français touchés par cette dégénérescence maculaire, la situation reste plus incertaine. Aucune date de disponibilité n’a encore été communiquée en France. De plus, les questions liées à la prise en charge financière et au remboursement par l’Assurance maladie n’ont pas encore été soulevées ni résolues. Ces étapes administratives et économiques constituent souvent un délai supplémentaire avant qu’un dispositif innovant ne soit réellement accessible au plus grand nombre.
Pour les 1,5 million de Français concernés par la DMLA, l’espoir est donc bien réel, mais la patience reste de mise avant de pouvoir bénéficier concrètement de cette avancée sur le territoire national.




