Clarins fait le pari de la parole sincère, et ce choix mérite attention. La marque de beauté française lance en 2026 une série de podcasts intitulée « Voices That Matter », construite autour d’un principe rare dans la communication des grandes maisons de cosmétiques.
Un format intimiste au service de sept trajectoires singulières
Sept femmes prennent le micro sur cette première saison. Entrepreneures, autrices, créatrices de contenus : chacune arrive avec son propre chemin, ses propres choix, ses propres doutes.
Les épisodes paraissent mensuellement. Ainsi, l’auditrice suit une progression dans le temps plutôt qu’un déversement d’un seul coup.
Le format mise sur la conversation libre, pas sur l’interview balisée. Par conséquent, les invitées reviennent sur leur parcours sans filet, en explorant aussi des sujets de société.
Les noms retenus pour cette saison sont Margaux de Fouchier, Elsa Wolinski, Amélie Challeat, Elissa Revighan, Elisabeth Gallois, Julie Rosso et Louise Chabat. Chacune représente un profil différent, ce qui donne à l’ensemble une amplitude certaine.
Clarins et le podcast, une relation qui remonte à 2020
« Voices That Matter » n’est pas une première incursion dans l’audio pour la marque. Dès 2020, Clarins avait lancé un podcast baptisé « Mon corps, ce héros », produit avec le studio Nouvelles Ecoutes.
Ce format a duré jusqu’en 2024, soit quatre années de présence régulière dans les oreilles des auditrices. Or, cette durée n’est pas anodine dans un paysage podcast souvent marqué par l’abandon rapide.
La série s’était construite en trois saisons thématiques distinctes. Chacune abordait un moment corporel précis : la grossesse, la ménopause et la puberté.
Ces trois thèmes formaient un arc cohérent autour du corps féminin à différents âges. Désormais, « Voices That Matter » déplace le regard vers les trajectoires professionnelles et les prises de position dans la société.
Ce que ce virage éditorial révèle de la stratégie de la maison
Le passage d’un sujet centré sur le corps à un sujet centré sur la parole n’est pas anodin. Clarins choisit de mettre en avant des femmes qui ont construit quelque chose, une activité, une communauté, une oeuvre.
Ce positionnement place la marque du côté de l’inspiration concrète, pas de l’image lisse. En effet, les doutes et les choix difficiles font partie du récit demandé aux invitées.
Par ailleurs, la décision de diffuser sur Spotify oriente clairement l’audience visée. La plateforme attire une écoute active, souvent en mobilité, souvent fidèle.
Le brand content audio permet alors à Clarins d’exister dans un moment du quotidien où aucune image ne peut s’imposer. C’est un pari sur la voix seule, sans visuel pour appuyer le propos.
« Voices That Matter » en pratique
- Format : conversations libres, ton intimiste, sans script rigide apparent
- Rythme : un épisode par mois sur toute la saison
- Invitées : sept femmes aux profils variés (entrepreneures, autrices, créatrices de contenus)
- Plateforme : disponible sur Spotify
- Précédent : « Mon corps, ce héros », produit avec Nouvelles Ecoutes, diffusé de 2020 à 2024
Pourquoi ce projet Clarins dépasse le simple outil de visibilité
La plupart des podcasts de marques servent avant tout à placer des produits dans un cadre audio. Ici, la mécanique semble différente, car les sujets abordés débordent largement le champ de la beauté.
Néanmoins, la cohérence avec l’identité de Clarins reste lisible. La marque s’adresse depuis longtemps aux femmes avec un discours ancré dans le réel, loin d’une promesse de perfection inaccessible.
Cependant, le risque de toute série mensuelle est la régularité. Sept épisodes, c’est sept rendez-vous à honorer, et chaque invitée porte une partie de la crédibilité de l’ensemble.
D’abord une exploration du corps, puis une exploration des trajectoires de vie : en six ans de présence dans le podcast, la maison construit ainsi un territoire éditorial qui lui appartient clairement, au-delà des produits.



