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Voyage

Cette ville d’Algarve garde 2 000 ans d’histoire à 10 km des plages bondées

Cette ville d'Algarve garde 2 000 ans d'histoire à 10 km des plages bondées

Neuf millions de voyageurs atterrissent chaque année à l’aéroport de Faro, traversent la ville en voiture de location et filent directement vers les plages d’Albufeira ou de Lagos. Pourtant, cette cité portuaire de 60 000 habitants recèle deux millénaires d’histoire, un parc naturel exceptionnel et une gastronomie ancrée dans la tradition des pêcheurs. Faro, capitale régionale souvent ignorée, s’impose en 2026 comme la porte d’entrée idéale vers une ville d’Algarve que la plupart des touristes ne voient jamais.

Gastronomie et villages de pêcheurs autour de Faro

Avant de parler de pierres et de remparts, c’est souvent par l’assiette que Faro convainc ses visiteurs. La cataplana, ragoût de fruits de mer mijoté dans un ustensile en cuivre, résume à elle seule l’identité culinaire de la région. Ce plat traditionnel associe palourdes, tomates et vin blanc, et les restaurants du centre de Faro comme ceux des villages alentour le proposent en bonne place sur leurs menus.

Depuis Faro, l’Ilha da Culatra et Olhão sont facilement accessibles. À Olhão, les marchés aux poissons et aux fruits de mer ouvrent chaque jour, et les pêcheurs y écoulent leur prise dès leur retour en fin de matinée. L’Ilha da Culatra, elle, abrite une communauté de pêcheurs qui perpétuent des gestes ancestraux. Ces deux escales offrent un visage de la région bien éloigné des stations balnéaires bondées.

Rodrigo Soares, de la Division du Tourisme de la municipalité de Faro, résume cet attrait : la ville invite ses visiteurs à rester plus longtemps et à vivre la région dans ce qu’elle a de plus authentique. Les fruits de mer frais, issus de la Ria Formosa toute proche, sont disponibles dans de nombreux établissements de la cité.

La Ria Formosa, un labyrinthe naturel aux portes de la ville d’Algarve

À quelques minutes du centre historique, la Ria Formosa s’étend sur 60 kilomètres de littoral et couvre 18 000 hectares de zones humides protégées. Ce réseau de canaux, d’îles, de marécages et de bancs de sable constitue l’un des espaces naturels les plus remarquables du Portugal. Rodrigo Soares souligne d’ailleurs que Faro entretient un lien profond avec la mer et ce paysage singulier.

Depuis le quai de Porta Nova, l’une des portes de la vieille ville, des bateaux rejoignent l’Ilha Deserta. Cette île ne compte ni route ni construction humaine, et son accès se fait uniquement par voie maritime. Pour les amateurs d’ornithologie, des excursions permettent d’observer plus de 200 espèces d’oiseaux, dont de nombreux migrateurs qui font halte dans ce couloir naturel.

La Ria Formosa joue aussi un rôle économique concret : la zone protégée accueille une activité de conchyliculture développée, avec la production de palourdes, d’huîtres et de couteaux. Ces produits se retrouvent directement dans les assiettes des restaurants locaux, ce qui crée un lien direct entre le parc naturel et la gastronomie de cette ville d’Algarve.

Deux mille ans d’histoire dans les ruelles de la Vila Adentro

Fondée sous le nom d’Ossonoba par les Romains au IIe siècle, Faro devient l’une des principales cités de la région sous domination romaine. En 713, les Maures s’en emparent et la fortifient. Les remparts construits à cette époque sont encore visibles aujourd’hui, notamment au niveau de l’Arco do Repouso. Ce quartier historique, la « Vila Adentro », conserve une densité patrimoniale rare pour une ville d’Algarve de cette taille.

La cathédrale de Faro, bâtie en 1251 à l’emplacement d’une ancienne mosquée, témoigne de la Reconquista portugaise. L’édifice a connu plusieurs transformations au fil des siècles, mais il reste le monument central de la vieille ville. Non loin, le couvent de Notre-Dame-de-l’Assomption, classé monument national, abrite le Musée municipal de Faro. Ce musée expose des artefacts romains et maures mis au jour dans la région, et son entrée est fixée à 3 euros.

Luis Filipe Santos, responsable du musée, note que les visiteurs cherchent désormais à vivre l’Algarve autrement qu’à travers les bars et les plages. Cette évolution des attentes profite directement à Faro, dont le patrimoine répond à une demande croissante pour un tourisme plus ancré dans l’histoire locale.

  • Cathédrale de Faro, construite en 1251 sur l’emplacement d’une mosquée
  • Musée municipal installé dans le couvent Notre-Dame-de-l’Assomption, entrée à 3 euros
  • Chapelle des Os de l’église Nossa Senhora do Carmo, construite avec des ossements humains
  • Théâtre Lethes, de style romantique
  • Remparts maures encore visibles, dont l’Arco do Repouso

Faro, point de départ pratique pour découvrir la ville d’Algarve autrement

L’aéroport de Faro, situé à 10 kilomètres du centre-ville, a enregistré 9,6 millions de passagers en 2025. Pourtant, la quasi-totalité de ces voyageurs repart aussitôt vers Albufeira, Portimão ou Lagos, qui concentrent la majorité des nuitées de la région. Faro reste ainsi une capitale méconnue, alors qu’elle offre un accès direct à l’ensemble du territoire.

La ville dispose d’une gare ferroviaire reliée à Lisbonne et à Lagos, ce qui en fait un hub pratique pour organiser un séjour. De plus, les prix des nuitées à Faro sont inférieurs à ceux des stations balnéaires, selon les données du secteur touristique. L’hébergement y est varié, des hôtels du centre historique aux maisons d’hôtes de la vieille ville.

En choisissant Faro comme base, le voyageur accède à la fois aux plages du littoral, aux villages de pêcheurs de la Ria Formosa et à un patrimoine historique de deux millénaires. Cette cité portuaire, souvent traversée sans s’y arrêter, mérite donc une escale à part entière pour quiconque souhaite saisir la profondeur d’une ville d’Algarve au-delà du sable et du soleil.