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Cette eau de gombo promet d’hydrater la peau de l’intérieur, deux nutritionnistes tranchent enfin

Cette eau de gombo promet d'hydrater la peau de l'intérieur, deux nutritionnistes tranchent enfin

L’eau de gombo s’impose en 2026 comme le nouveau rituel matinal des adeptes du bien-être. Cette boisson, obtenue en faisant macérer des gousses de gombo tranchées dans de l’eau une nuit entière, fait parler d’elle sur les réseaux. Ses partisans affirment qu’elle pourrait même hydrater la peau de l’intérieur, mais qu’en est-il vraiment ?

Le gombo, une plante aux racines anciennes

Le gombo est une plante à fleurs appartenant à la famille des malvacées, comme l’hibiscus. Originaire d’Éthiopie, il a rapidement gagné en popularité en Inde, dans le Moyen-Orient, dans les Caraïbes et dans le sud des États-Unis, selon April Morgan, responsable de la nutrition pour Artah. Ainsi, cet ingrédient est prisé par de nombreuses cultures depuis des siècles.

La boisson que l’on en tire possède une texture légèrement visqueuse et un goût herbacé. Par conséquent, elle surprend au premier verre, mais s’intègre facilement à une routine quotidienne. C’est sa simplicité de préparation qui séduit d’abord.

Ce que contient vraiment cette boisson

Le gombo renferme du mucilage, une substance gélatineuse qui agit comme un prébiotique. De plus, il contient des fibres solubles, qui ralentissent l’absorption du sucre dans le tube digestif, et des fibres insolubles, qui captent le cholestérol pour faciliter son élimination. Ainsi, la boisson soutient à la fois le microbiote et la glycémie.

Le gombo est aussi riche en antioxydants, tels que la quercétine et le kaempférol. Ces molécules réduisent l’inflammation et neutralisent les dégâts causés par les radicaux libres. Pourtant, April Morgan souligne que les recherches approfondies sur les bienfaits de cette boisson restent limitées, même si les résultats disponibles sont prometteurs.

« C’est une façon simple d’optimiser son apport hydrique sans même y penser, tout en prenant soin de sa santé intestinale et métabolique. » — April Morgan, responsable de la nutrition pour Artah

Pourquoi cette tendance s’est installée dans nos routines

La technique du habit stacking, ou empilement d’habitudes, explique en partie cet engouement. Le principe est simple : on greffe une nouvelle habitude sur un rituel déjà existant. L’eau de gombo s’y prête bien, car elle remplace ou complète un verre d’eau du matin sans effort supplémentaire.

Par ailleurs, la question de la fréquence mérite attention. Pour réguler la glycémie, April Morgan conseille d’en boire tous les jours pendant deux à quatre semaines, puis d’observer les réactions du corps. Pour optimiser la santé intestinale, deux à trois verres par jour sur une période donnée, suivis d’une pause, sont recommandés.

En revanche, cette boisson n’hydrate pas plus qu’un verre d’eau classique. Elle contribue simplement à l’apport hydrique quotidien. Esra Soylucicek, nutritionniste pour Reborne, conseille de la conserver au réfrigérateur et de la consommer dans les 24 heures.

  • Conserver l’eau de gombo au réfrigérateur et la boire dans les 24 heures.
  • La jeter si elle dégage une odeur aigre, présente un aspect trouble ou a un goût anormal.
  • Ajouter du gingembre pour renforcer les effets apaisants sur l’intestin.
  • Associer un bâton de cannelle ou des graines de fenugrec pour soutenir la glycémie.
  • Éviter cette boisson en cas de SIBO, de traitement antidiabétique ou de prise de warfarine sans avis médical.

Les limites à connaître avant de commencer

La majeure partie de la population peut consommer cette boisson sans risque. Cependant, les personnes souffrant d’une pullulation bactérienne de l’intestin grêle, aussi appelée SIBO, doivent l’éviter. Le mucilage peut fermenter dans l’intestin et aggraver les symptômes de cette maladie, avertit April Morgan.

De plus, le gombo contient une quantité modérée d’oxalates. Une consommation modérée s’impose donc en cas d’antécédents de calculs rénaux oxalo-calciques. Par ailleurs, cette plante contient de la vitamine K, ce qui peut interagir avec un anticoagulant comme la warfarine.

Peau, grossesse et alternatives : ce que disent les expertes

Côté peau, le gombo contient une très petite quantité de vitamine C. Or, cette vitamine est fragile : elle se dégrade lorsqu’on la plonge dans l’eau trop longtemps, précise Esra Soylucicek. La teneur en vitamine C est donc plus faible dans un verre d’eau de gombo que dans une gousse entière. Surtout, il n’existe aucune preuve clinique que cette boisson améliore des problèmes cutanés comme l’acné.

Pendant la grossesse, l’eau de gombo préparée avec des ingrédients frais et propres ne présente généralement aucun risque. Pourtant, contrairement à une croyance répandue, rien ne prouve qu’elle favorise la fertilité ou facilite l’accouchement. Le gombo est une source de folates, mais cette boisson ne peut pas remplacer un complément prénatal d’acide folique.

Pour celles et ceux qui cherchent des alternatives, April Morgan suggère des herbes aromatiques comme le basilic tulsi, la coriandre ou la citronnelle, qui favorisent la digestion. On peut aussi faire infuser des concombres dans de l’eau pour une boisson plus légère, plus facile à boire en grandes quantités. Ainsi, chacun peut adapter son rituel hydrique à ses besoins réels, sans se limiter à une seule tendance.