Cet été, les retards aériens au départ de la France atteignent un niveau préoccupant. Flightright, plateforme spécialisée dans la défense des droits des passagers aériens, a analysé plus de 107.970 vols opérés par les 25 principales compagnies aériennes européennes entre le 1er juin et le 20 juillet 2026. Le résultat est sans appel : près de quatre vols sur dix ont décollé avec au moins quinze minutes de retard, soit trois points de plus qu’à la même période l’an dernier.
Un été sous le signe des perturbations aériennes
Alors que des millions de voyageurs rejoignent les plages d’Espagne, de Grèce ou le centre historique de Porto, la ponctualité des transporteurs est mise à rude épreuve. L’étude, publiée le 28 juillet 2026, dresse un tableau préoccupant du transport aérien au départ de la France. Le taux global de retard atteint 38 %, un chiffre en hausse par rapport à la même période en 2025.
Parmi les destinations les plus fréquentées, les liaisons vers l’Espagne, la Grèce et l’Italie concentrent une part importante des perturbations. Ainsi, les transporteurs très présents sur ces routes soleil figurent en bonne place dans le classement des moins ponctuels.
Tunisair, Nouvelair et Aer Lingus : le podium des retards
En tête du classement, Tunisair affiche le bilan le plus dégradé avec 55,45 % de vols retardés sur 752 vols analysés. La compagnie nationale tunisienne devance Nouvelair, autre acteur tunisien très présent sur les liaisons de loisirs, qui enregistre 52,69 % de retards sur 875 vols. Aer Lingus, compagnie irlandaise, complète ce podium avec 47,38 % de vols retardés sur 667 liaisons.
Par ailleurs, les transporteurs à bas prix ne sont pas en reste. Ryanair (4e, 45,27 %), easyJet (5e, 44,74 %) et Wizz Air (8e, 43,14 %) enregistrent chacun plus de 43 % de vols retardés. Ces trois acteurs concentrent à eux seuls un volume considérable de perturbations estivales.
«En plein pic estival, la tendance illustre les difficultés persistantes dans le transport aérien français.»
Des compagnies historiques rejoignent ce top 10 peu enviable. British Airways (6e, 44,13 %), TAP Portugal (7e, 43,65 %) et Air Algérie (9e, 42,68 %) figurent parmi les transporteurs les moins ponctuels au départ de la France cet été.
Air France dans le top 10, malgré une légère amélioration
Air France referme ce top 10 avec un taux de 38,31 % de vols retardés. C’est une légère amélioration par rapport aux 40,76 % enregistrés sur la même période en 2025. La compagnie nationale reste pourtant celle qui exploite le plus grand nombre de vols parmi les transporteurs étudiés, avec plus de 25.000 liaisons sur la période.
- Tunisair : 55,45 % de vols retardés (752 vols au total)
- Nouvelair : 52,69 % de vols retardés (875 vols au total)
- Aer Lingus : 47,38 % de vols retardés (667 vols au total)
- Ryanair : 45,27 % de vols retardés (7.846 vols au total)
- Air France : 38,31 % de vols retardés (25.001 vols au total)
En revanche, certains transporteurs affichent de bien meilleurs résultats. Turkish Airlines (20e) présente le meilleur bilan de l’étude avec seulement 15,61 % de vols retardés, soit près de 40 points de moins que Tunisair. Air Maroc (19e) suit avec 18,30 %, devant Volotea (18e, 26,30 %), Lufthansa (17e, 31,09 %), Vueling (16e, 31,56 %) et Transavia (15e).
Des écarts considérables entre les transporteurs
L’écart entre les compagnies aériennes les plus et les moins ponctuelles est frappant. Près de 40 points séparent Turkish Airlines de Tunisair sur la même période d’analyse. De plus, ce classement montre que ni le modèle low-cost ni le modèle traditionnel ne garantit à lui seul une meilleure ponctualité.
Ainsi, des transporteurs de taille et de positionnement très différents se retrouvent côte à côte dans le bas du classement. La période estivale, avec son afflux de passagers et la saturation des aéroports, amplifie les difficultés de chaque opérateur.
Retard ou annulation : ce que prévoit la réglementation européenne
Face à ces chiffres, les passagers ont des droits concrets. Le règlement européen CE 261/2004 prévoit, sous certaines conditions, une indemnisation pouvant atteindre 600 euros par passager en cas de retard important, d’annulation ou de refus d’embarquement. Une assistance est par ailleurs prévue en cas d’attente prolongée : repas, rafraîchissements, moyens de communication et hébergement.
Pour faire valoir ces droits, Flightright recommande de vérifier le statut de son vol avant de rejoindre l’aéroport. Il est aussi conseillé de conserver sa carte d’embarquement, sa confirmation de réservation et les messages reçus de la compagnie. De plus, demander une confirmation écrite du motif du retard ou de l’annulation et garder tous les justificatifs de dépenses engagées reste indispensable.
Ces droits prennent une importance particulière cet été, alors qu’un risque de grève du personnel de cabine d’easyJet France fait peser la menace de perturbations supplémentaires sur certains vols. Les passagers voyageant avec des compagnies aériennes figurant dans ce classement ont donc tout intérêt à se préparer en amont.



