Beachcomber Tours traverse une période de turbulences, mais le voyagiste spécialiste de l’océan Indien ne vacille pas pour autant. Ce que révèle sa stratégie pour 2026 dit beaucoup sur sa capacité à tenir le cap sans se disperser.
Une rentabilité préservée malgré un contexte difficile
L’exercice 2025/2026 s’est clôturé au 30 juin 2026 avec un chiffre d’affaires de 60,8 millions d’euros. C’est un recul de 4,5% par rapport à l’exercice précédent.
Pourtant, le voyagiste a dégagé 600 000 euros de résultat net. C’est moins que le million d’euros espéré, mais la rentabilité reste bien là.
Le dernier trimestre a concentré les difficultés. Le conflit au Moyen-Orient, déclenché fin février, a pesé sur les ventes et creusé l’écart avec les prévisions initiales.
Depuis, la tendance se confirme. À la date de publication, le chiffre d’affaires affiche un nouveau recul d’environ 5%, selon Guy Zekri, directeur général de Beachcomber Tours.
L’Île Maurice, socle irremplaçable du modèle Beachcomber Tours
Dans ce contexte, la stratégie du TO est claire. Il recentre ses efforts sur l’Île Maurice, qui génère à elle seule 50% de son chiffre d’affaires.
La destination cumule les atouts concrets. Vols directs, francophonie, absence de décalage horaire : aucune mauvaise surprise n’attend le client au moment du départ.
De plus, l’Île Maurice se désaisonnalise. Les ventes progressent désormais pendant l’hiver austral, de mai à octobre.
En août, le taux d’occupation des hôtels du groupe a atteint 87%. C’est un record, salué par Guy Zekri comme le signe d’une destination qui s’installe dans la durée.
L’Île Maurice est par ailleurs devenue la destination long-courrier la plus vendue parmi les membres du Seto, le syndicat des entreprises du tour-operating. C’est une position que Beachcomber entend bien consolider.
Le Trou aux Biches, retour après rénovation
L’événement phare de l’automne 2026, c’est la réouverture du Trou aux Biches le 15 octobre. L’hôtel, l’un des meilleurs vendeurs du TO, rouvre après d’importants travaux.
Au-delà des rénovations classiques des chambres et restaurants, la plage a fait l’objet d’une intervention remarquable. La mer grignotait progressivement le sable depuis des années.
Grâce à une technologie bretonne appelée Stabiplage, certaines sections de plage passent d’un mètre à vingt mètres de largeur. David Simon, directeur commercial du TO, décrit une expérience comparable à un retour vingt ans en arrière.
L’hôtel affiche déjà une forte demande pour la saison hivernale. Par ailleurs, 30% des clients du Trou aux Biches reviennent dans les vingt-quatre mois suivant leur séjour, selon Guy Zekri.
Polynésie et Tanzanie, deux axes de développement distincts
Au-delà de l’Île Maurice, Beachcomber Tours travaille deux directions prioritaires. Ces deux axes répondent à des logiques très différentes.
En Polynésie, le voyagiste envoie 2 000 clients par an et enrichit son offre de manière ciblée. Il référence, en co-exclusivité avec Voyages d’Exception, deux bateaux de la compagnie américaine Windstar Cruises.
Cette compagnie anglophone se positionne comme une alternative à Paul Gauguin ou Aranui Cruises. Son rapport qualité-prix constitue son principal argument, selon Bruce McNamara, directeur de production.
Le TO commercialise également une quarantaine de villas avec services issues du catalogue Tahiti Homes. Cette offre permet de toucher des familles nombreuses ou des séjours longs, et de proposer des alternatives aux hôtels cinq étoiles en haute saison, dont les tarifs grimpent fortement.
La Tanzanie répond à une autre logique. Beachcomber Tours y relance une offre suspendue depuis plus d’un an, après l’inscription de compagnies aériennes locales sur la liste noire de l’Union européenne. Ces compagnies ne peuvent plus survoler l’espace européen, mais opèrent normalement sur le territoire tanzanien. Leur retour en brochure s’accompagne d’une mention explicite à destination des clients, comme l’exige la réglementation.
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Zanzibar présente aussi un intérêt stratégique plus large. Le groupe Beachcomber pourrait y investir dans l’hôtellerie à court terme.
Beachcomber Tours rassure ses partenaires avec des outils concrets
Pour diffuser cette production renouvelée, le voyagiste lance un roadshow en partenariat avec Ponant. Ce tour passera par 54 villes et touchera environ 1 500 agents de voyages.
Par ailleurs, Beachcomber Tours réactive son dispositif de réassurance baptisé Esprit Tranquille. Lancé après la crise sanitaire, ce mécanisme permet d’annuler jusqu’à dix jours avant le départ sur près de 90 produits.
Dans un marché où les crises se succèdent et réduisent la visibilité, cet outil répond à une vraie attente. Il cible autant les voyageurs que les agences qui cherchent à rassurer leurs clients avant l’achat.
Beachcomber Tours ne cherche pas à étendre son terrain de jeu vers d’autres régions du monde. Guy Zekri est direct à ce sujet. Dans l’océan Indien et en Polynésie, le voyagiste dispose d’une légitimité construite dans la durée, et c’est précisément sur cette légitimité qu’il concentre toute son énergie.




