Matthieu Blazy a choisi Sydney pour écrire le deuxième acte de son aventure à la tête de Chanel. Le 5 novembre 2026, la maison française a posé ses valises dans la métropole australienne pour présenter la collection Croisière 2026/27, un chapitre qui prolonge et amplifie le récit entamé sept mois plus tôt à Biarritz.
Blazy et Chanel, un dialogue entre deux mondes
Pour comprendre ce défilé, il faut remonter à Biarritz. C’est là, en avril 2026, que Matthieu Blazy avait ouvert sa première saison Croisière à la direction artistique de Chanel. Ce choix n’était pas anodin. Biarritz est précisément le lieu où Gabrielle Chanel fonda sa maison de couture, ancrant ainsi ce premier chapitre dans la mémoire fondatrice de la griffe.
Sydney est donc le deuxième jalon de ce parcours itinérant. Blazy y poursuit une réflexion sur les fondamentaux de la maison. Il les confronte à l’énergie maritime et urbaine de la ville australienne, créant un territoire visuel à la croisée de deux univers que tout semblait opposer.
Les codes Chanel traversent l’hémisphère sud
La collection réinterprète les repères les plus forts de la maison. La petite robe noire, la marinière, les doubles C et les références nautiques constituent la matière première de ce travail de Blazy. Ces éléments ne sont pas simplement cités, ils sont déclinés à travers des matières sensorielles et pensées pour s’adapter aux rythmes de la vie contemporaine.
Blazy opère ainsi une translation entre héritage et quotidien. La garde-robe Croisière devient une réponse concrète à une femme qui vit dans le mouvement. Elle porte Chanel non comme un costume de cérémonie, mais comme un vêtement choisi pour son intelligence formelle autant que pour son allure.
The Cutaway, un cadre taillé sur mesure
Le défilé s’est tenu à The Cutaway, un espace situé sous la Barangaroo Reserve, sur le territoire du peuple Gadigal. Ce site au grès brut et aux volumes ouverts a servi de base à une scénographie d’une grande précision. Les lignes épurées, les graphismes noirs et beiges caractéristiques de Chanel dialoguaient avec la minéralité du lieu.
L’espace intérieur se déployait en cinq salles communicantes. Des miroirs et une moquette claire composaient un décor conçu pour évoquer l’appartement de Gabrielle Chanel au 31, rue Cambon à Paris. Ce jeu de références instaurait un dialogue discret entre l’architecture australienne et l’intimité de la rue Cambon, entre nature et intérieur habité.
Sydney, Kylie Minogue et la fête Chanel
À l’issue du défilé, la maison a prolongé la soirée par une célébration à l’accent clairement australien. Kylie Minogue s’est produite en live, offrant à la soirée une dimension pop et locale inattendue. Les DJ sets de Kinder Sounds et de Jimmy Lyell ont ensuite pris le relais.
Ce format – défilé suivi d’une soirée musicale – illustre la manière dont Chanel construit désormais ses étapes Croisière comme de véritables événements culturels ancrés dans leur territoire d’accueil. Sydney n’a pas seulement prêté son décor, elle a prêté sa scène.
Un tour du monde que Chanel maîtrise depuis plusieurs saisons
Cette présentation australienne s’inscrit dans une géographie Croisière déjà bien établie. Ces dernières années, la maison a successivement choisi Marseille, Los Angeles, Monte-Carlo et Athènes pour ses défilés itinérants. Chaque ville apporte sa lumière, sa texture urbaine, sa façon d’être au bord de l’eau.
La logique de Blazy prolonge cet héritage tout en l’infléchissant. Il ne s’agit plus seulement de poser la collection dans un beau décor lointain. Avec ce deuxième chapitre à Sydney, Chanel affirme que chaque étape Croisière est aussi une interrogation sur ce que la maison porte comme valeurs, entre fidélité à Gabrielle et ouverture au monde contemporain.




