Cet été 2026, la France a vécu sous une chaleur suffocante. Hermès a choisi ce contexte brûlant pour imaginer une collection printemps-été 2027 entièrement pensée autour de l’air et de la légèreté.
Quand la chaleur dicte une nouvelle façon de s’habiller
La directrice artistique Nadège Vanhée l’affirme elle-même : l’idée était en gestation bien avant les canicules successives de l’été. Pourtant, le contexte climatique a rendu sa réflexion d’une pertinence saisissante.
Son concept central tourne autour de l’air, à la fois perceptible et imperceptible. Ce point de départ abstrait a produit des vêtements très concrets, dotés de systèmes permettant de moduler la silhouette et d’alléger le corps.
La tente de La Garde Républicaine, où le défilé s’est tenu, était étouffante ce soir-là. De plus, la fermeture de routes pour la marche des Fiertés a prolongé l’attente, poussant les invités à s’éventer avec leurs cartons d’invitation. Par conséquent, le propos de la collection a pris une dimension immédiate, presque physique.
Hermès réinvente la garde-robe du vêtement fonctionnel
La maison a développé plusieurs pièces pensées pour se transformer selon la chaleur. Ainsi, des robes intègrent des fermetures éclair qui coupent les jambes en deux : fermées, elles forment une minijupe ; ouvertes, elles révèlent un pantalon qui se mue en jupe midi.
D’autres pantalons utilisent le même principe. En remontant ou en descendant la fermeture, on passe d’une coupe ample à une coupe ajustée. Cet aspect modulable donne au porteur une vraie marge de manœuvre face aux températures.
On trouve également une parka déstructurée à la taille, dont les parties supérieure et inférieure restent solidaires grâce à des boutons-pression. Enfin, une robe fourreau en maille fine intègre des bandes verticales de cuir, tandis qu’un manteau à ourlet asymétrique complète cet ensemble de silhouettes conçues pour circuler, s’adapter, respirer.
- Robe fourreau en maille fine avec bandes verticales de cuir
- Manteau à ourlet asymétrique
- Parka déstructurée à la taille maintenue par des boutons-pression
- Robes à fermetures éclair convertibles minijupe ou jupe midi
- Pantalons modulables du large à l’ajusté selon la fermeture
Une palette solaire et des matières aériennes
Après une collection automne-hiver 2026-2027 marquée par le cuir noir et la peau nue, Nadège Vanhée opère ici un virage délibéré vers la sobriété chromatique. La palette démarre sur des blancs crémeux, puis monte progressivement vers des jaunes et des oranges vibrants.
Le cuir reste présent, mais de façon retenue. La maison le cantonne aux accessoires et aux détails, choix logique pour une collection printemps. Les matières principales sont, elles, volontairement légères : la faille de soie froissée d’une robe cintrée en est l’exemple le plus frappant, avec sa texture vaporeuse qui semble capter le moindre courant d’air.
Des accessoires Hermès pensés pour la saison chaude
Du côté des chaussures, la collection s’enrichit d’une sandale à lanières qui rejoint la ligne minimaliste déjà en place. Par ailleurs, la créatrice présente une bottine plate ornée de surpiqûres rappelant celles d’un mocassin.
Ces bottines d’été ont déjà conquis les rues de Paris comme celles de New York. Dès lors, leur présence dans ce défilé confirme un phénomène qui dépasse le simple accessoire saisonnier. Elles incarnent une façon de prolonger le vestiaire chaud jusque dans les pièces de chaussures.
Une démarche qui prépare un prochain rendez-vous haute couture
Cette collection affiche une fraîcheur décontractée, sans effets superflus ni ornements inutiles. Cependant, elle ne sacrifie pas la complexité : chaque pièce propose une mécanique, un geste, une façon de se réapproprier le vêtement face à la chaleur.
Nadège Vanhée prépare par ailleurs son premier défilé haute couture, prévu en janvier 2027. Cette collection printemps-été constitue donc une étape dans une trajectoire créative qui s’affirme saison après saison, avec une rigueur de plus en plus lisible dans ses choix de construction et de matières.



