Deux jours pour pousser des portes qui restent fermées le reste de l’année : les Journées Européennes du Patrimoine 2026 se tiennent les 19 et 20 septembre autour de deux thématiques fortes, la photographie et le patrimoine en péril. De Grasse à Firminy, de Paris à Nanterre, voici sept lieux d’exception à ne pas manquer.
Des adresses parisiennes à saisir lors des Journées Européennes du Patrimoine 2026
La capitale concentre plusieurs sites remarquables. La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, avenue des Gobelins dans le 13e arrondissement, réunit les amateurs de cinéma et d’architecture. Derrière une façade signée Rodin datant du 19e siècle se cache une structure contemporaine de cinq étages, recouverte de 5 000 volets protecteurs, conçue par l’architecte Renzo Piano et inaugurée en 2014. L’accès est libre durant l’événement.
Dans le 4e arrondissement, l’Ircam offre une plongée dans un bâtiment hors du commun. À l’origine entièrement souterrain dans les années 1970, l’institut est sorti de terre en 1990 grâce à une tour signée Renzo Piano, puis s’est agrandi en 1996 avec deux volumes supplémentaires. Le clou de la visite reste la chambre anéchoïque, un espace totalement dépourvu d’effets de salle grâce à des matériaux absorbants. Studios, espace de projection et médiathèque sont aussi au programme.
Enfin, la Galerie Dior, ouverte en 2022 au 30 avenue Montaigne, accueille les visiteurs de 11h à 19h à un tarif unique de 5 euros. Fondée en 1946 par Christian Dior, cette adresse retrace plus de soixante-dix ans de création à travers modèles originaux, croquis, photographies et documents d’archives. La réservation en ligne d’un créneau est fortement recommandée.
Modernisme et architecture seventies en Île-de-France
À Saint-Rémy-lès-Chevreuse, dans les Yvelines, la maison-atelier de Marta Pan et André Wogenscky mérite le déplacement. Bâtie en 1952, elle incarne le dialogue entre architecture, sculpture et nature. La façade aux larges baies vitrées, le toit-terrasse et les lignes épurées témoignent de l’esthétique moderniste chère à André Wogenscky, proche collaborateur de Le Corbusier. Le parc, habité de sculptures de Marta Pan, est accessible librement. La maison, elle, se visite en petits groupes sur inscription.
À Nanterre, la préfecture des Hauts-de-Seine constitue un autre projet marquant de Wogenscky. Inauguré en 1973, le bâtiment illustre l’architecture moderniste des années 1970. Le 20 septembre, sur réservation, les visiteurs pourront admirer les bureaux du préfet avec leur vue sur Paris, du mobilier de designers prêté par le Mobilier national, de Charlotte Perriand à Eero Saarinen en passant par Olivier Mourgue, ainsi que des œuvres issues du partenariat avec le Centre national des arts plastiques. Détail important : il s’agira de la dernière ouverture au public avant le déménagement de la préfecture prévu en novembre 2026.
Ce que ces Journées du Patrimoine réservent hors de Paris
À Grasse, capitale mondiale de la parfumerie, Lancôme a créé le Domaine de la Rose sur quelque 7 hectares cultivés en agriculture biologique. La Maison Rose, dont l’entrée circulaire s’inspire du « Ô » de Lancôme, a été conçue par les architectes Lucie Niney et Thibault Marca de l’agence NeM Architectes. Les 19 et 20 septembre, la visite comprend une promenade dans les champs de fleurs à parfum, un passage par la distillerie, puis la découverte de l’orgue à parfums et d’une exposition temporaire dédiée à l’art du flaconnage. La réservation est obligatoire.
- Galerie Dior, 1 rue François-1er, Paris 8e – tarif unique 5 euros, réservation recommandée
- Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, Paris 13e – accès libre
- Ircam, 1 place Igor-Stravinsky, Paris 4e – visite des studios et chambre anéchoïque
- Maison-atelier Marta Pan et André Wogenscky, Saint-Rémy-lès-Chevreuse – visite sur inscription, parc libre
- Préfecture des Hauts-de-Seine, Nanterre – 20 septembre uniquement, sur réservation
- Domaine de la Rose, Grasse – réservation obligatoire
Firminy, un site Le Corbusier inscrit au patrimoine mondial
Dans la Loire, Firminy abrite l’un des ensembles architecturaux les plus riches de France. Dès les années 1950, Le Corbusier y a imaginé une Maison de la Culture, un Stade, une Unité d’Habitation et une église, à la demande du maire Eugène Claudius-Petit, soucieux d’améliorer les conditions de vie de sa population. Une piscine est venue compléter l’ensemble plus tard.
La Maison de la Culture de Firminy a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 2016, avec seize autres édifices de l’architecte, au titre de contribution exceptionnelle au mouvement moderne. Pour ces Journées Européennes du Patrimoine 2026, la visite couvre la Maison de la Culture, l’église Saint-Pierre, la piscine André Wogenscky et l’Unité d’Habitation, avec notamment un appartement témoin et un appartement habité. La réservation est conseillée.
Ces Journées Européennes du Patrimoine 2026 offrent ainsi une occasion rare d’accéder à des lieux habituellement fermés, certains pour la toute dernière fois avant transformation. Que l’on soit passionné d’architecture moderniste, de haute couture ou de cinéma, le programme de cette 43e édition propose des expériences concrètes et variées, du nord au sud du pays.




