Le musée Maillol, niché dans le VIIe arrondissement de Paris, accueille depuis le 5 juin 2026 une rétrospective d’envergure consacrée à Gianni Versace. Cette exposition à Paris arrive en une année symbolique forte. Ainsi, en 2026, le couturier originaire de Reggio de Calabre, en Italie, et frère aîné de Donatella Versace, aurait célébré ses 80 ans.
Gianni Versace, une vie fauchée à 50 ans
Le 15 juillet 1997, Gianni Versace perdait tragiquement la vie, assassiné par le tueur en série Andrew Cunanan. Il n’avait que 50 ans. Pourtant, en si peu de temps, il avait bâti une signature reconnaissable entre toutes.
Des passionné-e-s de mode, d’art et de culture populaire retiennent de lui une grande sensibilité artistique et un caractère audacieux. Son approche avant-gardiste reste, aujourd’hui encore, une source d’inspiration pour des générations entières.
Cette rétrospective itinérante, baptisée « Gianni Versace Retrospective », rend hommage à ce travail foisonnant. Elle est enrichie de coupures de presse, de clips et de créations mythiques que les visiteurs-euses peuvent voir de près.
Deux commissaires au cœur du projet
Ce parcours existe grâce à ses deux commissaires : Saskia Lubnow et Karl von der Ahé. Marie Claire a pu s’entretenir avec Saskia Lubnow, qui explique la démarche avec précision.
De plus, l’exposition fait le choix rare de présenter les vêtements sans vitrine. Les visiteurs-euses se retrouvent ainsi au plus près des pièces originales, toujours brillantes et impeccables après plus de trente ans.
« Nous voulons amener tous-tes les visiteurs-euses au plus près possible. », Saskia Lubnow, commissaire de l’exposition
Un parcours organisé par thématiques, pas par chronologie
Pour raconter le travail de Gianni Versace, les commissaires ont fait un choix fort. Ils ont sectionné le parcours de cette exposition à Paris par sources d’inspiration et par thématiques de collection.
Chaque collection créée par Gianni était très différente. Par conséquent, une organisation chronologique n’aurait pas rendu justice à l’éclectisme de sa signature. On retrouve ainsi le Pop Art, le Barocco, la collection Bondage ou encore la collection Punk.
Cette dernière inclut le fameux passage sur tapis rouge de Liz Hurley. Dans l’esthétique de Gianni Versace, il y avait un mélange d’excès, de codes glamour, sexy, audacieux, de couleurs fortes autant que de simplicité.
- Des vêtements originaux présentés sans vitrine, au plus près des visiteurs-euses
- Des vidéos de défilés avec leur bande-son originale
- Une réinterprétation de l’atelier de Gianni Versace
- Des artéfacts variés : objets, livres, catalogues, coupures de presse
- Un parcours organisé par thématiques : Pop Art, Barocco, Bondage, Punk
La robe Marilyn Monroe, pièce phare de la rétrospective
Au cœur de cette exposition à Paris se trouve une pièce d’exception. Il s’agit de la robe dite « Marilyn Monroe », inspirée d’une œuvre d’Andy Warhol et créée par Gianni Versace lui-même.
Sabrina Carpenter avait arboré une réplique de ce modèle iconique au Met Gala. Ici, en revanche, c’est bien le vêtement original que les visiteurs-euses peuvent contempler. Andy Warhol avait été le premier à mettre le visage d’une icône sur un de ses travaux, et Gianni avait ensuite transposé cette image sur une de ses robes.
Ainsi, il avait démocratisé la mode grâce à l’art, et le monde de la mode à la culture populaire. Ce geste résume à lui seul la force de sa démarche.
Une exposition à Paris qui défie la haute couture française
L’objectif de cette exposition à Paris dépasse le simple hommage. Saskia Lubnow l’affirme clairement : Paris avait besoin que Gianni Versace vienne faire exactement l’opposé de la haute couture française, qui était conservatrice à l’époque.
Les couturiers français ne faisaient pas ce que Gianni faisait. Ils n’amenaient pas de célébrités au premier rang, ne mettaient pas en avant les mannequins, ne les faisaient pas chanter Freedom! ’90, ne travaillaient pas avec les meilleurs photographes. Gianni, lui, brisait ces codes avec audace.
De plus, la rétrospective s’adresse autant à la jeune génération qu’aux passionné-e-s de longue date. Tous-tes peuvent venir s’inspirer au musée Maillol, qui accueille ainsi une exposition à Paris rare, à la croisée de la mode, de l’art et de la culture populaire. Cette manifestation confirme que le travail de Gianni Versace reste une référence vivante, près de trente ans après sa disparition.




