À Paris, les expositions mode ne se limitent pas aux podiums : en juillet 2026, six lieux de la capitale proposent des rendez-vous gratuits ou payants, tous liés à la semaine de la haute couture automne-hiver 2026-2027 qui s’ouvre le 6 juillet. Entre savoir-faire artisanaux, portraits de couturiers et peintures hors normes, la ville offre un panorama rare de la création textile.
Quand la peinture rencontre la haute couture : Gustavo Nazareno à l’Opera Gallery parmi les expositions mode
Parmi les expositions mode les plus surprenantes du moment, celle consacrée à l’artiste brésilien Gustavo Nazareno mérite une attention particulière. Jusqu’au 15 juillet, l’Opera Gallery (62 rue du faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris) présente How to Grow a Flower from a Supernova, une série de peintures à l’huile et de dessins au fusain si précis qu’ils ressemblent à des photographies.
Nazareno fait dialoguer la cosmologie, les rituels des religions afro-latines, la photographie de mode d’Irving Penn et la structure des vêtements d’Alexander McQueen ou John Galliano. Ainsi, chaque toile devient une offrande à Pomba Gira, entité féminine du candomblé, religion que pratique l’artiste. Les fables issues du panthéon des orixas, divinités vénérées en Afrique et en Amérique latine, nourrissent toute la série.
« Nazareno étend le vocabulaire visuel qu’il a développé à travers la peinture de la Renaissance et l’imagerie de la haute couture à un cadre cosmologique plus large. Il approche les vêtements comme un mode de récit, en regardant la façon dont ils façonnent l’identité et communiquent sans paroles », analyse Marion Petitdidier, directrice d’Opera Gallery Paris.
Soeren Le Schmidt et la mode nordique à la Maison du Danemark
Jusqu’au 19 juillet, la Maison du Danemark (142 avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris) accueille une autre forme d’expositions mode, consacrée à Soeren Le Schmidt, icône de la scène danoise. Le créateur présente une sélection de robes de haute couture, principalement noires et blanches, au design minimaliste et moderne.
Le parcours réunit aussi une projection vidéo inédite, des photographies en noir et blanc, des croquis et une installation. On y retrouve les moments marquants de sa carrière, de ses défilés à son tout premier blazer. De plus, sa réflexion sur la responsabilité créative et la durabilité dans la mode contemporaine traverse l’ensemble de la proposition.
Dior et les métiers d’art : deux visions du patrimoine couture
La Galerie Dior (11 rue François 1er, 75008 Paris) dévoile un nouveau parcours rétrospectif avec près de 150 modèles, des croquis originaux, des documents d’archives et des photographies. Ce parcours en 13 salles retrace l’inventivité du couturier fondateur et de ses successeurs : Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons, Maria Grazia Chiuri et Jonathan Anderson, nommé en juin 2025 directeur artistique des collections femme, homme et haute couture de Dior.
On y suit ainsi la ligne Diorling, lancée à Londres en 1968 par Jorn Landberg, directeur artistique de Christian Dior London, reflet de l’esprit des Swinging Sixties. Par ailleurs, chapeaux, sacs, gants, souliers et parfums complètent une garde-robe pensée du matin au soir. Ces expositions mode au sein même de la maison mère donnent un accès rare aux coulisses de la création.
Dans un esprit différent, la Galerie du 19M (2 place Skanderbeg, 75019 Paris) propose Mains d’avenir, une exposition immersive et gratuite jusqu’au 19 juillet. Ce parcours célèbre les métiers des maisons résidentes du 19M : Atelier Montex, Desrues, Eres, Goossens, Lemarié et Atelier Lognon, Lesage, Maison Michel, Massaro et Paloma. Le visiteur y découvre des techniques minutieuses et des pièces uniques, nées de savoir-faire rarement visibles du grand public.
On aura tout vu : des robes de scène portées par Lady Gaga et Zhang Zhehan dans ces expositions mode
Le Sofitel Paris Le Faubourg (15 rue Boissy d’Anglas, 75008 Paris) présente jusqu’au 6 octobre une sélection de pièces de la maison On aura tout vu, fondée par Livia Stoianova et Yassen Samouilov. Ces expositions mode portent un regard concret sur la haute couture contemporaine, car chaque pièce est réalisée dans les ateliers du Palais-Royal, avec des artisans spécialistes des broderies, de la plumasserie, du cristal et des finitions couture.
Dans le lobby de l’hôtel, on peut voir la robe brodée de plumes rouges et noires portée par Lady Gaga pour la couverture du magazine Allure, ainsi que la robe ivoire et or ornée de plumes, de perles et de cristaux portée par Louis and the Yakuza lors de sa prestation à X Factor Italia. À l’entrée, un majestueux manteau bleu turquoise attire le regard. Les fans de Zhang Zhehan, acteur et chanteur chinois de renommée internationale, trouvent aussi l’une de ses tenues de scène les plus emblématiques. Quatre autres silhouettes ornent les vitrines extérieures.
Azzedine Alaïa et l’Afrique : une fascination traduite en robes
La Fondation Azzedine Alaïa (18 rue de la Verrerie, 75004 Paris) accueille jusqu’au 4 janvier 2027 une exposition placée sous le commissariat d’Olivier Saillard. C’est la première fois que les créations du couturier autour de l’Afrique sont réunies : trois collections, celles du printemps-été 1988, 1989 et 1990, servent de fil conducteur. Ces expositions mode à caractère intime révèlent comment un continent quitté tôt par le couturier a continué d’exercer sur lui une fascination profonde.
À travers une cinquantaine de modèles, on retrouve les moucharabiehs de la Tunisie natale d’Alaïa dans ses robes chemises ajourées, les couleurs sable et terre des territoires subsahariens, ou encore les robes bandelettes en allusion à l’Égypte. Au premier étage, les photographies de Peter Beard, ami du couturier, évoquent un voyage commun en pays Masaï en 1996, au Kenya.
Ces six rendez-vous forment ainsi, en juillet 2026, un ensemble cohérent d’expositions mode qui témoigne de la vitalité de Paris comme capitale de la haute couture. Du savoir-faire artisanal le plus minutieux à la peinture spirituelle la plus audacieuse, chaque lieu propose une clé différente pour comprendre ce que le vêtement dit de nous, de notre culture et de notre histoire.




