Un livre-objet de 456 pages vient de ressurgir d’une époque où la création se vivait sans filtres ni likes. La House of Love, résidence artistique installée à Hollywood, fut pendant six ans un refuge rare, et la photographe américaine Shelby Duncan en a tout capturé.
Un livre comme archive d’une génération libre de House of Love
Publié aux Éditions 37.2, l’ouvrage House of Love rassemble des photographies, des Polaroids, des illustrations, des cartes postales, des notes manuscrites et des témoignages. Car c’est d’abord un livre-objet, conçu pour être touché autant que lu. Sa structure est originale : il se construit comme une journée de 24 heures qui se déploie au fil d’une année entière.
Ce format donne au lecteur le sentiment de traverser le temps avec les résidents. Ainsi, chaque page tourne comme une heure qui passe, portée par la liberté d’expression, la création collective et le désir de vivre pleinement.
De plus, chaque chapitre du livre s’ouvre sur une playlist imaginée par Shelby Duncan et sa meilleure amie Saraï Fiszel. Car la musique occupait une place centrale dans la maison, du folk au jazz, en passant par la soul ou le disco-funk.
La musique, fil conducteur de la résidence
À la House of Love, chaque univers sonore participait à l’identité du lieu. La musique rythmait le quotidien et nourrissait la créativité des résidents. En intégrant une playlist à chaque chapitre, Shelby Duncan et Saraï Fiszel prolongent ainsi cette expérience sonore bien au-delà des pages.
Cette attention au son rappelle que la maison n’était pas seulement un espace visuel. Elle était aussi un corps vivant, vibrant de folk, de soul et de disco-funk mêlés en un seul souffle collectif.
Plus de 500 artistes réunis à Hollywood entre 2009 et 2015 à House of Love
C’est Shelby Duncan, photographe américaine, qui ouvre les portes de la House of Love à Hollywood avec Saraï Fiszel. Pensée dès le départ comme un espace de vie et de création, la maison accueille en six ans plus de 500 créateurs : artistes, musiciens, acteurs, écrivains, réalisateurs. La communauté est internationale et diverse.
- Léa Seydoux, actrice française
- Louis Garrel, acteur et réalisateur
- Joaquin Phoenix, acteur américain
- Gaspard Ulliel, acteur français
- Rebecca Zlotowski, réalisatrice
- Johnny Hallyday, chanteur français
Ces noms donnent la mesure du rayonnement de la House of Love. En effet, la maison attire des figures de cultures très différentes, unies par une même envie de créer sans contrainte.
Shelby Duncan documente cette aventure entre 2009 et 2015, à une époque où les souvenirs ne se fabriquent pas encore pour les écrans. Elle capte l’essentiel : l’intimité, les rencontres et la naissance des vocations.
Une intimité que les réseaux sociaux n’auraient pas permise
À cette époque, les réseaux sociaux n’avaient pas encore envahi le quotidien. Par conséquent, la House of Love pouvait exister dans une forme d’authenticité brute, loin de toute mise en scène. Les résidents vivaient et créaient sans penser à leur image publique.
C’est précisément ce que les photos de Shelby Duncan restituent avec force. Chaque cliché montre un instant vécu, pas une pose calculée. Cette qualité d’attention fait de l’ouvrage un document rare sur une génération créative.
Les Rencontres d’Arles 2026 consacrent la résidence hollywoodienne
En 2026, la House of Love entre dans les grandes salles d’exposition. L’ouvrage est en effet sélectionné aux Rencontres d’Arles 2026, dans l’exposition COME TOGETHER à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz. Cette reconnaissance place le travail de Shelby Duncan au niveau des projets photographiques les plus remarqués de l’année.
La sélection confirme aussi la valeur documentaire du projet. Car la House of Love ne se présente pas seulement comme un beau livre. Elle s’impose désormais comme une archive précieuse d’un monde créatif disparu.
Pour le public des Rencontres d’Arles 2026, ce projet offre donc un contrepoint saisissant : voir comment une génération entière a forgé ses ambitions dans une maison d’Hollywood, bien avant que l’image de soi devienne un enjeu permanent. La House of Love rappelle, avec une clarté désarmante, que la création collective peut naître d’un simple toit partagé.




